Vous êtes ici

PENSION DE RÉVERSION : LE NÉCESSAIRE DÉBAT

Soumis par redacteur le lun, 07/09/2018 - 14:14

« Il n’est pas question de supprimer les pensions de réversion, mais il n’est pas non plus question de poser un couvercle sur ce sujet sous prétexte qu’il est épidermique. » Secrétaire national chargé des retraites, Frédéric Sève appelle à la raison.

Dans le cadre de la réforme des retraites, impossible de ne pas s’interroger sur l’avenir de la réversion. Ce dispositif de solidarité a été conçu afin de protéger les femmes qui ne travaillaient pas en leur assurant une partie de la pension de leur mari au moment de son décès. À l’heure où les femmes sont entrées massivement sur le marché du travail, qu’un couple sur deux divorce et que le nombre de célibataires a plus que doublé en quarante ans, il soulève de multiples interrogations. « Les femmes ont aujourd’hui des durées de carrière sensiblement égales aux hommes, mais elles ont moins de droits à la retraite car leur revenu est, en moyenne, plus faible, explique Frédéric Sève. Cette inégalité est incontestable, et il faut en tenir compte au moment de penser à une nouvelle architecture du système. Est-ce que la réversion telle qu’elle existe aujourd’hui est une réponse satisfaisante pour les dix, vingt ou trente ans à venir ? C’est un débat de société que nous devons avoir sans, bien entendu, remettre en cause ce droit pour les couples qui aujourd’hui sont proches de la retraite. »

Une solidarité à préserver

Le sujet se révèle d’autant plus sensible que l’impact de la réversion dans le système est loin d’être négligeable. En 2016, les dépenses de réversion et d’allocation veuvage atteignaient 35,8 milliards d’euros, soit plus de 11 % de l’ensemble des pensions. Et 89 % des bénéficiaires étaient des femmes. « Ces chiffres montrent que la réversion est un dispositif de solidarité central dans notre système, qui ne peut être remis en cause d’un revers de la main, insiste Frédéric Sève. En revanche, nous devons veiller à ce qu’il protège bien les personnes qui en ont le plus besoin car il ne s’agit pas de droits acquis par une personne au cours de sa carrière professionnelle, mais bien d’un dispositif de solidarité financé par tous les cotisants. »

Pour la CFDT, ce sujet montre, une nouvelle fois, que la réforme des retraites qui s’annonce ne peut se résumer à une réforme financière ou à un slogan comme « un euro cotisé donne les mêmes droits à tous ». Elle nécessite un débat citoyen permettant d’actualiser les grandes orientations de notre pays en matière de protection sociale en général et de retraite en particulier.

jcitron@cfdt.fr 

Dernières Actualités Actualités générales

Initialement prévue en juillet, la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté a finalement été présentée le 13 septembre. Avec neuf millions de personnes (dont 3 millions d’enfants) qui vivent sous le seuil de pauvreté et cumulent des difficultés en matière d’emploi, de logement ou de santé, il y avait urgence à agir et à investir dans la cohésion sociale.
En vingt éditions, la campagne saisonniers n’a pas changé d’objectif : renseigner les travailleurs sur leurs droits. Avec une application smartphone en guise d’outil d’information.
Le suspense n’aura été que de courte durée. A peine rentré de vacances, le Premier ministre a dévoilé, dans une interview au Journal du dimanche datée du 26 août, les premiers arbitrages gouvernementaux concernant le budget 2019. A l’heure où l’économie française montre des signes d’essoufflement, l’exercice s’annonçait plus délicat que prévu – le gouvernement ayant dû réviser à la baisse sa prévision de croissance pour 2019 à 1,7 % contre 1,9 % jusqu’alors.
Les partenaires sociaux se retrouveront dès septembre pour une phase de diagnostic sur l’assurance-chômage, sujet remis sur la table des négociations par l’exécutif.
Pour la première fois depuis son élection, Emmanuel Macron recevait l’ensemble des partenaires sociaux à l’Élysée.

Pages

Dossiers à la une


  • L’UNE DES PLUS IMPORTANTES RÉFORMES DU DROIT DU TRAVAIL DEPUIS CES DERNIÈRES ANNÉES


    Les ordonnances Macron ou ordonnances loi travail, qui prolongent la loi travail du 17 août 2015, réforment le Code du travail et transforment le droit du travail dans au moins quatre domaines importants : la négociation collective, la signature d’accords dans les plus petites entreprises, la rupture du contrat de travail et la mise en place d’une nouvelle instance représentative du personnel (IRP).

  • La représentation équilibrée des femmes et des hommes


    Depuis le 1er janvier 2017, les nouvelles règles relatives à la représentation équilibrée des femmes et des hommes s’appliquent.

  • NOS COLLÈGUES LES ROBOTS


    Plus rapides, plus réactifs, dotés de capacités de calcul supérieures, les robots bouleversent le monde du travail et réinterrogent la place des salariés.