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Edito

La rentrée sociale sous ordonnances

Le dialogue et les relations sociales entre travailleurs et employeurs sont en mutation. Le gouvernement a choisi l'été pour mener ses travaux autour de l’organisation du travail, en consultant les organisations syndicales de travailleurs et patronales, pour établir une évolution de la loi, par ordonnances, en modifiant profondément la physionomie du dialogue social et ses équilibres et en flexibilisant davantage les emplois.

La CFDT n’a pas choisi ces changements, qui ne vont pas, pour une grande partie, dans le sens et les formes de la construction sociale que nous prônons. Pour autant, la CFDT a pesé dans ces travaux, en faisant maintenir les prérogatives des branches dans de nombreux domaines, contrat de travail y compris ! Ces ordonnances contiennent bien quelques avancées, mais celles-ci n’amènent pas à une loi équilibrée, avec de réelles contreparties sociales. Les instances représentatives du personnel vont connaître un grand bouleversement du fait de leur regroupement.

La CFDT a choisi, dans ses actions, d’être au contact des salariés pour leur expliquer les changements en cours et débattre sur un ensemble de sujets portant sur la qualité de l’emploi, sur l’équilibre de l’activité professionnelle avec la vie personnelle, sur les relations sociales et l’encadrement social.

Les prérogatives de ces instances restent quasiment identiques, mais le temps du dialogue social va être réduit. Par ailleurs, le risque de la perte de moyens temps pèsera sur notre rôle de représentant du personnel et ne permettra pas une meilleure défense des travailleurs et de leurs intérêts. Nous allons certainement tous devoir revoir notre organisation, afin d’être au plus près des travailleurs.

Dans les mois à venir, la question de l’UNÉDIC (assurance chômage) va être essentielle à la continuité de notre vision paritaire, tout comme à celle de la sécurisation des parcours professionnels. L’année 2018 risque également d’être un moment fort sur l’avenir de nos retraites et de la diversité de nos régimes particuliers. Le tout est lié à la pénibilité de nos métiers. La CFDT devra encore se battre pour que la pénibilité et le compte pénibilité (C3P) ne soient pas réduits à peau de chagrin, car la reconnaissance de l’exposition aux produits chimiques, aux vibrations ou au port de charges lourdes a été sortie de cette prévention qu’est le C3P.

Dans les transports, l’actualité est aussi faite de rencontres. Le 19 septembre dernier s’est tenue l’ouverture, par le premier ministre Édouard Philippe et la ministre des Transports Élisabeth Borne, des Assises de la mobilité. Au cours de cette réunion, une projection a permis de mesurer les futurs impacts de la modernisation des systèmes et de la transition énergétique, sans oublier l’équilibre des territoires.

À l’issue de ces assises, une loi-cadre devrait paraître sur l’aménagement du territoire et l’organisation de la mobilité.

Notre fédération, au côté de la confédération, compte bien y amener sa vision sociale en faveur des travailleurs de l’activité transport et sa réflexion sur le mode de société dans lequel nous devons vivre.

Nos avancées sociales se défendent chaque jour et en tous lieux !

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