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Intervention de la CFDT lors de la conférence jeunes au congrès ITF de Sofia

Les jeunes revendiquent leur autonomie et la possibilité d’avoir prise sur leurs destins, au niveau individuel et collectif. Question centrale dans la stratégie européenne, la question des jeunes est fixée à travers deux objectifs l’un à travers l’emploi, l’autre à travers l’éducation.

Déclaration CFDT ITF

Les jeunes revendiquent leur autonomie et la possibilité d’avoir prise sur leurs destins, au niveau individuel et collectif.

Question centrale dans la stratégie européenne, la question des jeunes est fixée à travers deux objectifs l’un à travers l’emploi, l’autre à travers l’éducation.

La crise s’est traduite par des pertes d’emploi entrainant une nette hausse du chômage et le secteur du transport n’a pas été épargné… L’emploi des Jeunes a pris en pleine face la crise économique. Car le constat est sans appel : que la situation globale de l’emploi et du chômage soit plus ou moins difficile au sein des secteurs du transport, une chose est avérée, celle des jeunes s’est considérablement dégradée.

Le ralentissement de l’activité en Europe a fini par enterrer la dynamique de l’emploi chez les jeunes. Il ne reste plus à ces jeunes sur le marché du travail que la solution de l’éternelle précarité, en choisissant les petits boulots, mini-jobs et intérim.

L’accroissement de la flexibilité interne aux entreprises et les écarts entre compétences et catégories d’emploi,  sont des facteurs aggravants de cette diminution de l’emploi des jeunes dans nos entreprises. Au-delà des aspects conjoncturels, liés au ralentissement de l’économie, le taux d’emploi des jeunes subit de plein fouet les carences indéniables du système éducatif.

Car bien souvent, l’école devient une machine à créer de l’exclusion et, est inégalitaire.

Les enfants issus des milieux populaires ont un taux d'accès aux études supérieures moins élevés que ceux issus d'un milieu plus aisé.

Ces difficultés rencontrées au travers de l’enseignement ont donc comme effet direct, d’enfermer dans une spirale de l’échec les catégories de nos concitoyens les plus fragiles.

Le taux de chômage des jeunes et l’éducation sont donc étroitement liés. Mais comment expliquer qu'aujourd’hui, le taux de chômage est aussi élevé alors que des offres d’emploi restent vacantes ?

Favoriser la formation chez les jeunes exclus du système éducatif traditionnel pourrait leur permettre de prétendre à ces emplois non pourvus. Mais au delà de ces observations, il faudrait s’intéresser de plus près sur la qualité et la pertinence du système d’apprentissage, de l’alternance et d’une manière plus globale de la formation. Systèmes ayant souvent une mauvaise image voir de voie de garage.

Lors du prochain mandat, ITF devra tout mettre en œuvre pour que les contrats précaires, souvent occupés par des jeunes, soient transformés en contrat à durée indéterminée. De plus nous devrons tous ensemble obliger les entreprises des transports à mettre en place une politique de recrutement en direction des personnes les plus éloignés du marché de l'emploi : jeunes, personnes atteintes de handicap... cela veut dire aussi être contre toute forme de discrimination à l'emploi.

Le renouvellement générationnel au sein de nos organisations ne peut se faire sur une courte durée. Le constat qui s’impose est que nous avons toutes les peines à attirer de jeunes salariés.  Cela peut s’expliquer par la détérioration du dialogue social qui ne favorise pas la mobilisation de la jeunesse ou la prise en charge des préoccupations des jeunes par les organisations syndicales.  Parfois même dépassées  par des mouvements de jeunes, elles sont parfois remises en cause pour leurs formes d’actions trop traditionnelles voire même peu revendicatives. Le constat est net, les affiliés ont les plus grandes difficultés à mobiliser sous leurs bannières, même si ils ont été très actifs

Pour toutes celles et tous ceux qui s’investissent, le parcours syndical doit être valorisé. Les compétences acquises doivent être reconnues afin de renforcer la crédibilité des organisations syndicales. N’ayons pas peur de baser notre développement sur la syndicalisation par des campagnes volontaristes et pratiques syndicales en direction des jeunes.

Pour conclure, ITF devra à travers sa politique jeune être en capacité de répondre clairement aux attentes des jeunes salariés qui feront le syndicalisme de demain. Mais comment répondre aux attentes si nous ne les connaissons pas ? Il nous faudra pour cela reprendre le chemin des entreprises, aider nos militants a appréhender cette jeunesse parfois hostile à toute forme d’engagement.

ITF doit prendre toute sa place dans cette gestion post crise notamment si l’on ne veut pas que le découragement et la frustration de cette génération n’engendrent  pas des mouvements populistes, xénophobes et racistes.

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