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Réunis à Saint-Malo pour le 15e Congrès de la CFDT Cadres

Soumis par redacteur le lun, 08/07/2017 - 15:17

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Dans le magnifique cadre de la Cité Corsaire de Saint-Malo, du 14 au 16 juin 2017, 197 délégués représentant les unions régionales interprofessionnelles et les fédérations CFDT ont participé au 15e congrès de la CFDT Cadres. La FGTE a été représentée par Céline Pierre et Jean Marc Dubau (bureau national cadres), Anne Guezennec et Eric Dhenin (SNCF), Hermann Schneider (Transdev), Okan Benel et Gilles Cordier (RATP).

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Au sein de la Confédération, la CFDT Cadres est une structure transverse intersectorielle. En plus du 15e congrès, 2017 est aussi l’année où l’Union confédérale des cadres fête ses 50 ans. La FGTE travaille avec cette structure pour l’animation de son réseau dédié aux travailleurs cadres et fait appel à ses compétences dans l’accompagnement à la négociation, comme celle sur le forfait jour à la SNCF en 2016 ou lors des campagnes électorales ou encore pour les productions des outils revendicatifs pour l’encadrement.

Trois jours denses et participatifs

Au-delà de l’exercice statutaire pour les délégués et nos structures, ce congrès a été l’occasion de participer aux débats concernant les problématiques des cadres et de continuer à nous investir dans la prise en charge de cette catégorie de salariés, qui représente pour notre champs fédéral un enjeu important dans les années à venir. Les trois jours du congrès ont été denses, avec des débats riches et des intervenants d’envergure. Un après-midi a été dédié à des travaux organisés en cinq ateliers, qui ont permis aux délégués de débattre et d’approfondir des sujets comme l’intelligence artificielle, le numérique ou l’organisation du travail. Tous ces débats, les ateliers et les rencontres ont permis aux délégués d’échanger et de poser les bases pour des réflexions approfondies.

L’enjeu sur les Cadres pour toute la CFDT

En Europe, les cadres constituent aujourd’hui une population en constante augmentation, avec une progression notable de la féminisation. En France, il y a près de 4,7 millions de cadres et de professions intellectuelles supérieures. Ils étaient 2,5 millions en 1990. Cette catégorie représente désormais 18 % de la population active. La CFDT Cadres comptait en 2016 près de 65 000 adhérents, avec un taux de progression de 33 % en quatre ans, signe d’un intérêt certain des cadres pour la CFDT, dans un contexte de syndicalisme bashing peu favorable. La CFDT, en 2017, lors de la mesure de représentativité dans toutes les branches du privé, conforte sa première place, avec 27 % des cadres votants qui se sont exprimés en faveur de notre organisation.

La première journée du Congrès a été l’occasion d’accueillir le Secrétaire général Laurent Berger
Dans son intervention, il a rappelé que la CFDT Cadres est une organisation qui compte parce qu’elle représente des salariés toujours plus nombreux et particulièrement exposés dans leur travail, des salariés dans des situations parfois difficiles quand il s’agit de mettre en oeuvre des décisions contraires à leurs valeurs, pris entre « l’enclume et le marteau », et que la CFDT se doit d’écouter et d’entendre pour mieux les accompagner. Le secrétaire général a aussi insisté sur le rôle anticipateur de la CFDT Cadres, sur sa vision aiguisée des transformations du travail ainsi que sur son expertise et ses propositions.

Il a aussi réaffirmé le besoin d’adapter nos campagnes aux attentes et besoins des managers et de maintenir un dialogue transversal et continu avec les fédérations et les unions régionales interprofessionnelles. Le projet de résolution présenté au congrès devra aussi nous permettre d’apporter des réponses aux attentes des cadres, avec des droits et garanties qui doivent être attachés à leur fonction.

La CFDT est prête à une négociation pour l’encadrement
Pour notre secrétaire général, ce fut l’occasion de le redire, nous sommes prêts à négocier comme le prévoit l’accord du 30 octobre 2015, négociation sur laquelle le patronat reste encore très évasif. Laurent Berger n’a pas manqué de rappeler que la CFE-CGC a fait une percée considérable ces dernières années et que la CFDT ne doit pas accepter que de plus en plus de cadres soient représentés par une organisation catégorielle ! Pour cela, il invite les structures de la Confédération à multiplier les coopérations avec la CFDT Cadres pour se rapprocher du personnel encadrant dans les territoires et dans les secteurs, car elle est l’organisation la mieux placée pour impulser de telles actions. Enfin, pour Laurent Berger, la révolution numérique qui est en cours et la transition écologique à poursuivre, génère la disparition de certains emplois, mais également la création d’autres, souvent plus qualifiés. Cette révolution et les outils numériques défient les modèles de management existants. Les salariés aspirent à davantage d’autonomie, mais le besoin d’organisation, de coordination reste le même. Le numérique estompe aussi les limites entre la vie privée et la vie personnelle et peut apporter de nouvelles sources de mal-être comme la surcharge de travail. Ce sont des situations que les cadres connaissent bien.

Ces thèmes évoqués par Laurent Berger étaient au centre des débats du Congrès pendant ces trois jours
Les membres ont voté massivement en faveur du rapport d’activité et du rapport financier. Il a également largement débattu de la résolution qui pose la base pour le travail de la prochaine mandature. Quatre amendements ont fait l’objet de débats, dont un présenté par la FGTE sur le forfait jour. Notre Fédération considère, sans être opposée au forfait jour pour les cadres, que ces forfaits sont appréciés et non pas plébiscités comme écrit dans le projet de texte. Avec cette nuance, il est surtout question d’être vigilants sur leur extension à des populations qui ne jouissent pas d’une véritable autonomie et face aux dérives auxquelles nous avons assisté ces dernières années, de la part d’employeurs qui ont utilisé ces forfaits de manière abusive, souvent pour ne pas avoir à payer les heures supplémentaires. Notre amendement a été adopté massivement par les membres du congrès.

Les axes principaux de la résolution

Adoptée à plus de 98 % par les délégués, ce texte dessine la feuille de route pour le travail syndical des quatre prochaines années.
La CFDT Cadres fait état d’un contexte de mutations rapides de l’emploi, où le contrat à durée indéterminée et le temps plein ne sont plus les uniques horizons pour bon nombre de nos concitoyens. L’économie dite « collaborative » est venue bouleverser le champ de la relation du travail et de la subordination du salarié plus ou moins indépendant L’impact de ce que nous appelons la transformation numérique sur l’activité professionnelle et le management est réel. Les transformations à l’oeuvre dans le salariat et aux frontières du salariat sont majeures et d’une certaine manière irréversibles. La question du management est ainsi revenue en force lors des débats du congrès, à travers la figure du manager de proximité. Il faut d’ailleurs remarquer que dans l’enquête Parlons travail de la CFDT, plus du tiers des répondants, cadres ou non, déclaraient avoir des personnes sous leur responsabilité. La frontière entre cadres managers et cadres experts s’estompe. Une majorité de cadres pilote des projets ou encadre, manage et prend des responsabilités. Les questions de temps de travail, de coopération, d’autonomie et de reconnaissance apparaissent comme cardinales pour les managers et les experts dans ce grand chamboulement. Les questions liées à la liberté de parole et à la protection de cette parole sont aussi cruciales.

Le syndicalisme est questionné sur ces changements

L’instantanéité de l’information, sa surabondance (on parle même d’infobésité), son caractère labile, les possibilités de choix imposent de revisiter notre relation aux salariés et aux adhérents. Nous devons privilégier un syndicalisme positif et de proposition, sans nous départir de notre esprit critique et de revendications, qui s’adressent à tous les actifs pour les accompagner dans leurs évolutions et leur parcours professionnel.

En tant que syndicalistes CFDT, c’est un véritable chantier qui s’ouvre à nous
Notre syndicalisme doit ainsi évoluer vers un syndicalisme de l’empowerment1, de « pouvoir d’agir » professionnel, un syndicalisme qui co-construit avec les travailleurs les solutions et les services dont ils ont besoin. À l’heure où la notion
de cadre est interrogée par l’évolution de ses marqueurs institutionnels (Agirc et troisième collège notamment), il demeure
essentiel de reconnaître le haut niveau de compétences, l’implication organisationnelle, les responsabilités managériales et l’expertise2 de ces catégories et, à la CFDT, de bâtir des revendications à partir de l’activité professionnelle.

L’évaluation professionnelle a été aussi objet de débat
La question de la performance individuelle s’est posée, ainsi que celle des entreprises qui ont du mal à favoriser les coopérations, notamment par l’incapacité de les récompenser et les reconnaître. Elles se retrouvent dès lors piégées par un système qu’elles ont elles-mêmes encouragé.

La Formation professionnelle est un droit et son accès pour les Cadres doit être garanti
La CFDT Cadres revendique un droit à la formation pour toute prise de fonction d’encadrement et pour tous ceux qui n’en ont pas bénéficié depuis trois ans. Le e-learning ne doit pas remplacer la formation en présentiel, qui doit rester la norme, car elle favorise l’échange et le transfert des compétences.

Temps de travail

La question du temps de travail et de sa mesure ont glissé progressivement vers la notion de mesure de la charge de travail, beaucoup plus subjective et pour laquelle nous devons fabriquer des outils. La question des temps de travail, du travail et du hors travail se posent au regard des évolutions que nous vivons et cette question doit être davantage abordée dans ces articulations avec les temps de vie. La question du télétravail, ou du lieu d’exercice du travail, est une réponse à de nouvelles demandes des salariés, qui y voient un moyen de mieux concilier les temps de vie quand certaines entreprises y voient un moyen de diminuer leur surface de locaux et leur coût.

Toutes ces questions liées à la charge de travail, à l’organisation du travail dans l’entreprise, l’articulation entre l’activité professionnelle et la vie personnelle et familiale, ainsi que la rémunération du salarié sont au coeur de nos problématiques syndicales. Sur le temps de travail, la pratique du forfait jour, innovation impulsée par la seule CFDT, est questionnée dans son utilisation et dans sa finalité de décompte du temps de travail.

Débat sur l’Europe

En présence de Martin Jefflen, président d’Eurocadres, organisation syndicale européenne à laquelle la CFDT Cadres est affiliée et de la vice-présidente du Comité économique et social européen, Cinzia del Rio, la secrétaire nationale de la CFDT Cadres, Franca Salis-Madinier, a défendu le bilan de l’investissement international de la CFDT Cadres, à un moment où l’Europe est gagnée par le scepticisme, le repli national et le populisme.
La CFDT Cadres a résolument fait le choix de rester engagée et active en Europe et à l’international, à travers l’action de coordination transnationale syndicale dans les multinationales françaises, à travers les relations bilatérales avec les organisations syndicales des cadres en Europe, à travers le lobbying auprès de la Commission européenne. Cet engagement a contribué à développer le syndicalisme dans des pays non syndiqués, de construire des réseaux syndicaux européens, de signer des accords mondiaux ou européens. Rester engagés à l’international est plus que jamais nécessaire, car le syndicalisme doit faire avancer les droits sociaux en Europe, construire de nouvelles protections pour accompagner les mutations du travail, renforcer le dialogue social et peser sur les décisions de la Commission européenne. Mettre en commun des pratiques, des actions avec nos homologues au delà de nos frontières nationales est plus que jamais nécessaire.

Être plus forts chez les Cadres : les propositions adoptées au Congrès

Pour accélérer le développement chez les cadres, la CFDT Cadres pose trois conditions : proximité, structuration des politiques de développement, accueil et fidélisation des adhérents. Des services adaptés seront proposés aux cadres adhérents. La revue, les colloques thématiques de l’Observatoire des cadres, la formation proposée à travers le CREFAC, doivent bénéficier plus largement à nos adhérents. Enfin, la CFDT Cadres propose aux structures fédérales et aux unions régionales deux formations pour aller à la rencontre des cadres. Du pain sur la planche maintenant pour notre Fédération, qui s’engagera à travers ses élus à l’exécutif de la CFDT Cadres, Céline Pierre et Jean-Marc Dubau, à bien utiliser tous les outils cadres, pour mieux prendre en compte cette population dans nos secteurs !

1 Danièle Kaisergruber, Donner des appuis pour être autonome. Les conditions de l’empowerment, Cadres n° 471, décembre 2016.
2 Manifeste pour les droits et garanties attachés à la fonction cadres, septembre 2015.

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