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Sida : les jeunes se sentent trop peu concernés

Alors que le Sidaction 2015 vient de se terminer, un sondage montre que les fausses croyances persistent chez les 15-24 ans qui, pourtant bien informés, se protègent de moins en moins lors des rapports sexuels.

Ils connaissent la théorie mais ne savent pas la mettre en pratique pour se protéger… Contrairement aux plus de 35 ans, qui ont démarré leur vie sexuelle quand le sida était encore une maladie mortelle, les adolescents d'aujourd'hui appartiennent à la «génération médicament». Et leur regard sur le VIH a changé. «L'arrivée des antirétroviraux a complètement banalisé la maladie», témoigne Mélanie Hubault, responsable prévention et sensibilisation au sein de l'association Solidarité Sida. Conséquence: «Ils savent que le sida existe, mais ont l'impression que cela ne les concerne pas du tout.» Un sondage mené par l'Ifop pour le «Sidaction» montre que les idées fausses ont la vie dure chez les 15-24 ans.

Informations parcellaires

La quasi-totalité des 993 jeunes interrogés savent que le virus peut se transmettre lors d'un rapport sexuel ou un contact avec le sang d'une personne contaminée, et 98 % citent le préservatif masculin comme un moyen efficace de se protéger. Pour autant, ils l'utilisent de moins en moins, même lorsqu'ils ont des partenaires irréguliers. Et une étonnante ignorance persiste: ainsi, 15 % des jeunes interrogés croient que l'ont peut être contaminé lors d'un baiser, et 11 % pensent que… la pilule contraceptive est une bonne protection!

«Les jeunes ont des informations parcellaires et ne se sont pas approprié ces connaissances, convient Mélanie Hubault. Par exemple, ils connaissent les liquides contaminants, comme le sperme, et savent que le virus entre par les muqueuses, comme la bouche. Mais quand on leur demande si la fellation est une pratique à risque, ils pensent que non ou ne savent pas répondre.» Quant aux antirétroviraux, un quart des adolescents pensent qu'ils guérissent la maladie, la plupart n'ont aucune conscience de la lourdeur de ces traitements délivrés à vie. Bref, le sida est à leurs yeux une maladie comme une autre.

Miser sur les infections sexuellement transmissibles

Pour remobiliser les jeunes sur la prévention, les associations misent donc désormais sur les infections sexuellement transmissibles (IST). «Lorsqu'on leur dit qu'ils risquent d'attraper une maladie qui peut entraîner une stérilité, des pertes malodorantes ou un bouton sur le sexe… c'est la honte totale pour eux!  sourit Mélanie Hubault. C'est paradoxal, car les IST sont moins grave, mais la sanction est immédiate. Si le risque est potentiel, différé, ou qu'il y a un plan B, comme l'IVG en cas de grossesse, cela ne suffit pas.»

La responsable associative regrette aussi la «frilosité» à parler de ces sujets. «Une circulaire impose aux collèges et lycées d'organiser au moins une séance d'information par an sur la sexualité. Mais elle n'est pas ou peu appliquée.» Entre mariage pour tous, polémiques sur le genre et crispation religieuse… parler de sexualité semble être plus compliqué aujourd'hui qu'il y a vingt ans.

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