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Le secteur santé au travail organise le 28 et 29 novembre, à Bierville, un colloque consacré au HANDICAP ET MAINTIEN DANS L’EMPLOI.

Un service public sous tension !

Soumis par redacteur le lun, 04/24/2017 - 16:39

Chapeau: 
Une délégation de l’UFETAM-CFDT (Véronique Thys, Stéphane Boutorine, Gwénaëlle L’huillière et Magali Perex) vient d’entamer une campagne de développement dans les départements d’outre-mer (Mayotte, Réunion, Guyane, Guadeloupe et Martinique). Lors de son passage à Mayotte, la délégation a collecté bon nombre d’informations sur les conditions de travail de ses collègues de la DEAL (Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement).

Image à la une: 

Elle remercie les représentants de la CFDT Mayotte et ceux de la CFDT Réunion pour leur soutien actif et leur participation. Voici des extraits de l'interview réalisée sur la radio Mayotte Première le 22 février 2017, dans l'émission Zakweli présentée par Kalathoumi Abdil-Hadi. Elle portait sur les principaux constats et sur les futures revendications qui seront portées devant nos ministres et secrétaire d'État.

KAH : Bonjour à toute la délégation et merci d'être avec nous ce matin. Pour commencer, c'est quoi l'UFETAM ?

VT : l'UFETAM c'est l'Union Fédérale Environnement, Territoires, Autoroutes et Mer CFDT et nous y travaillons au sein de deux ministères, le ministère de l'Environnement, de l'Énergie & de la Mer et le ministère du Logement & de l'Habitat Durable, donc c'est un vaste périmètre.

KAH : Vous avez rencontré le personnel de la DEAL ainsi que des militants de la CFDT. C'était pour avoir quelles informations ?

VT : Des informations sur leur vie, tant professionnelle que personnelle, et pour leur poser des questions sur la façon dont ils vivent tout ce qui se passe à Mayotte. Ensuite, nous demanderons une audience auprès des ministres.

KAH : Et alors, qu'est-ce qui est remonté, monsieur Boutorine ?

SB : On constate que les fonctionnaires de Métropole qui viennent à Mayotte restent très peu de temps, donc on essaie d’en comprendre les raisons, les difficultés qu'ils rencontrent et, concernant les Mahorais, on essaie de connaître leurs conditions de travail précises pour pouvoir les défendre au mieux. Il y a, bien sûr, plusieurs éléments qui reviennent, on en a noté quelques-uns d'importants : le logement, le transport, le service au public – puisque l'État est bien là pour rendre un service au public – et la sécurité bien entendu. Il y a un turn-over de deux ans, voire six mois pour les plus courts, 
à quatre ans maximum, mais ensuite les agents demandent des réintégrations en Métropole.

KAH : Avez-vous des élémentsde comparaison avec d'autres départements ultramarins concernant la durée pendant laquelle restent les agents venus de Métropole ?

VT : Les autres départements ultramarins ont beaucoup moins de soucis que Mayotte au niveau de la sécurité. C'est vraiment ce point qui fait que les métropolitains qui arrivent ici ne se sentent pas bien et demandent à partir, car ils viennent accompagnés de leur famille et il y a des problèmes pour leur sécurité personnelle et familiale. Des difficultés pour trouver des logements, pour se déplacer – parce qu'il y a quand même des soucis avec les routes aussi – et c'est vrai que tout cela mis bout-à-bout incite les agents à demander une mutation dans le sens inverse. Les autres DOM sont beaucoup plus attractifs et proposent beaucoup moins de postes. Si l'on veut muter à la Réunion quand on est à Paris, on a beaucoup de mal à y arriver. Si on veut muter à Mayotte, il y a des dizaines de postes ouverts.
SB : Il y a un autre département qui est en difficulté, c’est la Guyane. Avec Mayotte, ce sont les deux départements ultramarins les plus en difficulté. Un agent qui prend un poste à la Réunion va rester au minimum six ans. Pour Mayotte et la Guyane, ce sont des temps beaucoup plus courts, ce qui n'est pas une bonne chose, ni pour les agents, ni pour le service.

KAH : Est-ce que vous avez senti que, parmi le personnel, certains regrettent d'être venus ici ?

VT: Oui, on nous a rapporté le cas de plusieurs agents qui sont partis dans le mois qui a suivi leur arrivée parce qu'ils ne supportaient vraiment pas la vie à Mayotte. Nous ne pouvons pas rester sans rien faire et laisser les choses dans cet état-là.
SB : C'est très étonnant parce que nous avons été reçus, très chaleureusement d'ailleurs, par les Mahorais, on nous a baladés sur l'île dans les endroits qu'il faut voir... mais il y a aussi ces difficultés perceptibles en filigrane.

KAH : Le personnel métropolitain a donc du mal à s'acclimater, et le personnel mahorais alors, quels problèmes rencontre-t-il ?

SB : Ce sont souvent des problèmes de logement. Souvent ils sont situés très loin de la Capitale (trois heures de transport dans chaque sens). On nous a aussi parlé de problèmes de sécurité sur la route, de risques d’agression et des bouchons bien sûr !

KAH : La DEAL qui se plaint des routes ! Ce n'est pas un peu paradoxal ?

VT : Cela peut paraître paradoxal, en effet, mais les services sont dans l'incapacité de mettre en œuvre l'utilisation des crédits de l'État. L'État attend des projets des collectivités et peu de choses se font au final. Il y a un proverbe africain qui dit « quand deux éléphants se battent, c'est l'herbe qui trinque » et bien là, j'ai l'impression que ce sont les Mahorais et les agents des deux ministères qui ont des difficultés de vie, pendant que les institutions se débattent pour essayer de faire avancer les choses tant bien que mal.

KAH : Quand vous parlez de deux éléphants, vous parlez de l'Etat et des collectivités, c'est bien cela ?

VT : Oui, les personnels et la population sont pris en tenaille entre les deux et ce sont eux qui trinquent.
SB : Nous allons bien sûr, ensuite, suivre ce dossier et revenir 
pour dire ce que nous avons obtenu. Nous allons revendiquer des choses importantes pour que les agents qui travaillent ici, qu'ils soient Mahorais ou métropolitains, puissent avoir une qualité de vie correcte et que le service rendu à la population par la DEAL puisse être d'une qualité encore meilleure.

KAH : Et qu'allez-vous revendiquer ?

VT : Une amélioration réelle du service rendu au public. La jeunesse mahoraise représente plus de 70 % de la population totale. Il y a, si je ne m'abuse, 10 000 naissances par a.n à Mayotte...

KAH : Oui, ce sont les chiffres pour l'année dernière

VT : Il faut vraiment loger les habitants et leur offrir un service public de qualité. Il est impossible de laisser les choses ainsi, sans que l'État n'intervienne pour régler les problèmes de logements sociaux ou insalubres. Nous allons également revendiquer un plan de déplacement pour l'île, au niveau individuel et collectif. Nous avons remarqué qu'il y a peu de transports collectifs sur Mayotte, et cela nous a surpris.

KAH : Il y a néanmoins des taxis collectifs.

SB : Oui, c'est vrai, et ils fonctionnent très bien !

KAH : Du coup, quand vous me dites que vous revendiquer la construction de logements sociaux, est-ce que vous avez déjà chiffré le nombre qu'il faudrait construire par an à Mayotte ?

SB : Il y a deux à trois cents logements construits par an. Il faudrait multiplier ce chiffre par dix ou par vingt.

KAH : Que vous ont dit les militants de la CFDT que vous avez rencontrés ?

SB : Ils nous ont parlé de toutes ces difficultés. Les Mahorais veulent que Mayotte émerge et soit reconnue, et notre objectif est similaire. Nous voulons que les Mahorais puissent travailler dans des conditions correctes.

KAH : Vous avez eu le sentiment que Mayotte n'était pas reconnue comme un vrai département français ?

VT : Oui, nous avons eu cette impression car les difficultés perdurent et l'État ne s'investit pas suffisamment dans ce département. Il faut prendre la situation mahoraise en main et avancer, parce qu'on ne peut pas laisser les populations vivre dans des conditions aussi difficiles.

KAH : Je suppose que c'était un premier voyage. Qu'est-ce qui vous a le plus surpris ici finalement ?

VT : De voir l'optimisme et la détermination des agents à faire leur travail, malgré les mauvaises conditions. Ce qui surprend c'est toujours l'espoir de s'en sortir et de continuer à avancer, malgré les difficultés quotidiennes, même psychologiquement, par les agents.

KAH : Difficultés de transport, de logement, de sécurité... que fait la direction de la DEAL ? Y a-t-il un soutien psychologique mis en place ?

SB : Il y a, au sein de l'administration, des cellules de soutien et des assistants sociaux, mais c’est insuffisant.

KAH : Vous parlez de problèmes de sécurité, vous dites que cela revient dans le discour des personnels, ne faudrait-il pas faire quelque chose à plus grande échelle, au niveau interministériel ?

SB : C'est un sujet que les cadres doivent prendre en main. Ce qui nous a choqué quand nous sommes arrivés à la DEAL, c’est de voir qu'elle était entourée de barbelés, cela pose question. Pourquoi une administration est-elle autant protégée alors qu'elle est là pour rendre service au public ? Un tel besoin de sécurité nous a surpris.

KAH : Ma question était de savoir si vous allez aussi envoyer un rapport au ministre de l'intérieur ?

VT : Nous allons également faire un rapport à la Confédération CFDT et à la Fédération Générale des Transports et de l'Environnement de façon à ce qu'il y ait une démultiplication de l'information. 
SB : Il y a aussi la CFDT des Fonctions publiques. Je siège dans cette instance et c'est de là que nous pourrons transmettre au ministère de la Fonction Publique ce que nous avons constaté.

KAH : Je me demande pourquoi vous êtes venus aujourd'hui ? Hollande est en fin de mandat, la campagne présidentielle est lancée : est-ce que le rapport que vous allez faire ne va pas se retrouver au fond d'un tiroir ?

SB : L'État n'est pas constitué que d'un président et de ses ministres. Les dossiers sont lancés, et nous les suivrons auprès des prochains ministres. Il y a une continuité de l'État. Il y a aussi des équipes locales CFDT qui travaillent en permanence. Nous nous sommes déplacés pour constater par nous-mêmes, mais nos collègues de l'Union interprofessionnelle CFDT et de la DEAL nous font régulièrement remonter des informations. Nous fonctionnons en réseau.

KAH : Y a-t-il une différence entre ce que l'on vous remonte et ce que vous constatez concrètement aujourd'hui ?

SB : Non, il n'y a pas beaucoup d'écart, mais quand on vit quelque chose, c'est plus simple de l'expliquer.
VT : À Paris, on est souvent déconnectés du terrain. Venir discuter aujourd'hui avec les agents et les Mahorais est quelque chose d'extrêmement positif qui nous permet de ressentir la situation profondément.
SB : Les problématiques sont vraiment différentes, selon les départements. L'agent en région parisienne n'a pas les mêmes soucis que celui en poste dans la Creuse ; celui qui est à la Réunion n'a pas les mêmes problèmes que celui qui est en Guyane. Chaque département a sa spécificité, les Mahorais ont les leurs, et nous allons les défendre avec force.

KAH : Je vous remercie vraiment d'avoir été nos invités ce matin ? 

VT et SB : Merci de votre accueil. 

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