Vous êtes ici

ASSURANCE-CHÔMAGE : VERS UN CONTRÔLE RENFORCÉ DES CHÔMEURS

Soumis par redacteur le mar, 03/20/2018 - 17:09

L’étatisation de l’Unédic n’aurait pas lieu : c’est ce qu’a laissé entendre Muriel Pénicaud le 19 mars devant les partenaires sociaux, tout en confirmant la volonté de l’État de renforcer ses prérogatives dans la gouvernance du régime d’assurance-chômage.

Syndicats et patronat continueront donc à fixer les règles d’indemnisation mais dans un cadre très contraint : trajectoire financière et objectifs seront précisés par les pouvoirs publics dans une lettre de cadrage. La ministre a également levé le voile sur les évolutions du contrôle des chômeurs – contrepartie à l’ouverture de droits pour les démissionnaires et les indépendants voulue par Emmanuel Macron. Aujourd’hui, un manquement à une convocation de Pôle emploi entraîne deux mois de radiation (et donc de suspension d’allocations) contre deux semaines pour absence de recherche active d’emploi. Une situation qui devrait être inversée à l’avenir, avec une peine ramenée à quinze jours en cas de rendez-vous manqué et une peine progressive dans les autres cas : un mois de radiation pour un premier manquement, deux mois pour un deuxième manquement et quatre mois pour un troisième. « In fine, c’est bien un renforcement de l’échelle des sanctions qui est envisagé par l’exécutif », réagit la CFDT par la voix de son secrétaire national Yvan Ricordeau.

L’individualisation à outrance risquerait d’être néfaste

D’autant que ces nouvelles sanctions s’appliqueront en cas de non-recherche d’emploi comme de refus d’une offre raisonnable d’emploi (ORE). Le concept n’est pas nouveau : instaurée en 2008 sur la base de différents critères (distance domicile-travail, salaire, compétences mobilisées…), l’ORE est dans les faits très peu appliquée. Le gouvernement veut la rendre effective en permettant aux demandeurs d’emploi de personnaliser ces critères avec son conseiller. « Attention à ne pas tomber dans l’individualisation à outrance, où tout reposerait sur la discussion entre le demandeur d’emploi et son conseiller », prévient la CFDT. Côté accompagnement, la ministre du Travail souhaite expérimenter à partir de 2019 un journal de bord numérique dans lequel les demandeurs d’emploi devront inscrire mois par mois toutes les démarches entreprises. Si la démarche peut séduire, elle risque vite d’être reliée à la manière dont s’exerceront les contrôles. « Au final, entre accompagnement et contrôle, l’accent est quand même mis sur le contrôle », déplore la CFDT.

aballe@cfdt.fr

photo © Hamilton/Réa 

Dernières Actualités Actualités générales

Le Gouvernement a annoncé le report de l’âge de départ en retraite à 64 ans et un allongement de la durée de cotisations. POUR LA FGTE-CFDT C’EST NON !
En mai 2023, le CESE remettra un avis au Gouvernement et au Parlement sur les solutions de déplacements dans les zones rurales et périphériques urbaines. Le rapport en a été confié à la CFDT (S. Mariani FGTE)
Depuis le début de la crise, ils assurent l’approvisionnement, la satisfaction des besoins et la continuité du service aux usagers. Au-delà du 11 mai, ils souhaitent repenser leur modèle de développement. Pour que demain ne soit pas comme avant.
• Le gouvernement présentera son plan de sortie de confinement à la fin avril. • La définition des conditions permettant de concilier santé des travailleurs et reprise d’activité est centrale. • La CFDT en appelle à la négociation de protocoles de branche ou d’entreprise.
Dix-neuf organisations dont la CFDT ont présenté un pacte du pouvoir de vivre pour allier préoccupation écologique et progrès social. De quoi peser sur les décisions à venir.

Pages

Dossiers à la une


  • [DOSSIER ELECTIONS FONCTIONS PUBLIQUES 1/2] VOTER ET FAIRE VOTER CFDT


    Le vote des quelque 5,2  millions d’agents publics sera décisif. D’ici au 6 décembre, chaque voix peut faire pencher la balance. Il y va de l’avenir d’un dialogue social utile et nécessaire dans la fonction publique et de la place de la CFDT dans le paysage syndical français.

  • [DOSSIER 3/3] L’UNIVERSITÉ SOUS PRESSION


    Devant l’échec massif en licence, les universités tentent d’innover. Elles sont encouragées dans cette voie par la loi Orientation et réussite des étudiants.

  • [DOSSIER 2/3] L’UNIVERSITÉ SOUS PRESSION


    Monique Canto-Sperber est philosophe, directrice de recherche au CNRS et ancienne directrice de l’École normale supérieure. Pour elle, la stratégie de formation, telle qu'elle existe, est inadéquate face à la massification de l’enseignement supérieur. Interview.

  • [DOSSIER 1/3] L’UNIVERSITÉ SOUS PRESSION


    Avec toujours plus d’étudiants à accueillir chaque année, les facs doivent se réinventer pour assurer la réussite de tous.