Lors du Comité exécutif de la Confédération européenne des syndicats (CES) des 10 et 11 mars 2026, une déclaration importante a été adoptée concernant le développement de l’euro numérique, prochaine étape de l’évolution monétaire en Europe.
-> Une monnaie publique pour renforcer la souveraineté européenne
L’euro numérique représente un levier stratégique pour l’autonomie financière de l’Union européenne. Dans un contexte de fragmentation des systèmes financiers mondiaux, il permettrait de réduire la dépendance de l’Europe vis-à-vis des prestataires de paiement étrangers et de garantir que les données de paiement restent protégées par les règles européennes.
Sa gestion doit rester strictement publique, sous l’autorité de la Banque centrale européenne, afin de préserver la confiance, la résilience financière et la protection des citoyens.
-> Une approche volontaire et respectueuse des travailleurs
La CES insiste sur le caractère volontaire de l’euro numérique :
- Aucun salarié ne devrait être obligé de percevoir son salaire en euros numériques.
- Les prestations, revenus ou pensions doivent pouvoir rester sur d’autres supports monétaires si les travailleurs le souhaitent.
- Les impacts sur l’emploi doivent être évalués de manière continue, avec un dialogue social actif pour anticiper et gérer les transformations technologiques.
-> Complémentarité avec l’argent liquide
L’euro numérique ne remplacera pas l’argent liquide, qui reste essentiel pour la confidentialité, la résilience et l’inclusion sociale. L’objectif est de compléter l’écosystème monétaire existant et de limiter les paiements non enregistrés, tout en renforçant la lutte contre l’économie souterraine.
-> Inclusion et accessibilité
La CES souligne que l’euro numérique doit être universellement accessible, y compris pour les personnes âgées, handicapées ou peu familiarisées avec le numérique. Des services d’assistance et des règles transparentes sur les frais doivent garantir que personne n’est exclu.
-> Sécurité, protection des données et droits fondamentaux
La déclaration insiste sur la nécessité d’investissements massifs dans la cybersécurité et la protection des données personnelles. L’euro numérique ne doit en aucun cas servir à la surveillance des utilisateurs ou influencer leurs choix financiers. Les droits fondamentaux et la liberté d’usage doivent être préservés.
-> Dialogue social et modèle européen
Enfin, la CES rappelle que la gouvernance et le déploiement de l’euro numérique doivent s’appuyer sur un dialogue social structuré, impliquant syndicats et travailleurs à chaque étape. L’euro numérique doit renforcer le modèle social européen, garantir l’inclusion et préserver les droits des travailleurs.
En conclusion, l’euro numérique, tel que défini par la CES, est envisagé comme un bien public européen, sécurisé, accessible et volontaire, placé sous contrôle public pour servir les citoyens et soutenir la souveraineté, la stabilité et l’inclusion en Europe.
