Le 18 juin, une délégation de la FGTE-CFDT s’est mobilisée à Madrid pour défendre une Europe plus sociale

Le 18 juin, une délégation de la FGTE-CFDT s’est rendue à Madrid pour participer à la grande manifestation européenne organisée par la Confédération européenne des syndicats (CES), les CCOO et l’UGT. Aux côtés de plus de 10 000 travailleurs venus de toute l’Europe, elle a porté haut les couleurs de la CFDT et réaffirmé son engagement en faveur d’une Europe fondée sur la justice sociale, l’investissement, la croissance durable et des emplois de qualité.

Cette mobilisation s’est tenue alors que les dirigeants de l’Union européenne étaient réunis à Bruxelles pour débattre de la compétitivité et de la déréglementation. À travers le « Rassemblement pour des emplois de qualité, la justice sociale et la paix, et contre la déréglementation et l’austérité », les organisations syndicales ont défendu une autre vision du projet européen.

Les manifestants ont appelé les responsables européens à rompre avec les politiques d’austérité et à privilégier une stratégie fondée sur l’investissement, estimant que cette approche a permis à l’Espagne d’afficher une croissance économique trois fois supérieure à celle du reste de la zone euro.

À cette occasion, la CES a réaffirmé plusieurs priorités : garantir des salaires équitables, promouvoir la négociation collective, assurer des emplois de qualité grâce à une future législation européenne, mettre un terme aux projets de déréglementation, notamment au travers du projet « EU Inc. », renforcer les investissements dans les industries et les services publics, garantir un logement décent et abordable et défendre la paix ainsi que le droit international.

S’exprimant à Madrid, la secrétaire générale de la CES, Esther Lynch, a déclaré :

« Aujourd’hui, nous adressons un message aux dirigeants européens réunis à Bruxelles : cessez de céder aux fantasmes de déréglementation des grandes entreprises et suivez l’exemple de l’économie la plus performante d’Europe en augmentant les salaires et les investissements.

« L’Espagne est devenue l’économie la plus performante d’Europe parce qu’elle a rompu avec les politiques d’austérité qui ont échoué. Son succès montre qu’une autre Europe est non seulement possible, mais nécessaire et urgente pour créer de la croissance avec des emplois de qualité dans des entreprises performantes et des services publics. »

Le secrétaire général de l’UGT, Pepe Álvarez, a également dénoncé les projets de déréglementation :

« Nous ne reculerons pas d’un seul pas. Nous ne sommes pas disposés à accepter le 28e régime, qui constitue une attaque contre les droits des travailleurs. Il affaiblirait les syndicats, la négociation collective et la participation des travailleurs, et entraînerait une inégalité des richesses encore plus grande.

C’est pourquoi Madrid est le lieu idéal pour cette manifestation. Les syndicats et le gouvernement de ce pays prennent position en faveur de la paix et de la justice. Tels sont les fondements dont nous avons besoin pour l’Europe et le monde. »

Le secrétaire général des CCOO, Unai Sordo, a, pour sa part, souligné l’importance de cette mobilisation :

« Il s’agit d’une mobilisation importante dans le contexte politique et social dans lequel nous vivons, non seulement en Espagne mais aussi pour l’Europe. Nous nous mobilisons pour affirmer la nécessité d’une hausse des salaires. Nous devons renforcer les services publics et mettre en place des politiques de logement efficaces, car le problème du prix du logement n’est pas propre à l’Espagne. Bon nombre des mesures que les syndicats espagnols ont obtenues ces dernières années constituent désormais des références pour le reste de l’Europe, démontrant que les politiques qui favorisent la création d’emplois de qualité et protègent les emplois menacés sont non seulement compatibles avec la croissance économique, mais qu’elles y contribuent également. »

Tromsø 2026 :  Assemblée générale du forum européen de la jeunesse

Une motion ambitieuse portée par la confédération européenne des syndicats adoptée pour défendre l’emploi et le logement des jeunes en Europe

Le Forum européen de la Jeunesse est la plus grande plateforme de représentation des organisations de jeunesse en Europe. Il rassemble les Conseils nationaux de jeunesse et les organisations internationales de jeunesse afin de porter la voix de millions de jeunes auprès des institutions européennes, du Conseil de l’Europe, des Nations Unies et d’autres instances internationales. Son objectif est de promouvoir les droits des jeunes, leur participation démocratique et leur accès à des conditions de vie dignes et équitables. La confédération européenne des syndicats est un membre actif du forum européen de la jeunesse.

À l’occasion de son Assemblée générale 2026, organisée à Tromsø, en Norvège, les organisations membres ont adopté une motion majeure visant à renforcer les droits sociaux et économiques des jeunes à travers l’Europe. L’assemblée générale se tenait à Tromso car elle a été élue capitale européenne de la jeunesse pour l’année 2026. Le titre de capitale européenne de la jeunesse est transmis chaque année à une ville européenne différente pour une période d’un an. C’est une occasion pour la ville choisie de montrer la vie et le développement social, économique et culturel liés à la jeunesse. Avec sa vision « True North », Tromsø vise à inspirer les villes à travers l’Europe en démontrant comment un engagement soutenu en faveur de la participation des jeunes renforce la démocratie, l’inclusion et la résilience des communautés

Dans un contexte marqué par la montée des inégalités, la précarisation du travail et une crise du logement qui touche particulièrement les nouvelles générations, cette motion porte un message clair : les jeunes doivent pouvoir accéder à un emploi de qualité, à un logement abordable et participer pleinement à la société.

Aujourd’hui encore, de nombreux jeunes rencontrent des obstacles importants lors de leur entrée sur le marché du travail. Les contrats temporaires, les stages non rémunérés ou sous-rémunérés et d’autres formes d’emploi précaire demeurent une réalité pour une part importante de la jeunesse européenne. Cette situation fragilise leur autonomie financière et limite leurs perspectives.

Le développement des plateformes numériques et de nouvelles formes d’emploi atypiques accentue également les difficultés d’accès aux droits sociaux, à la protection sociale et à une représentation collective effective. Malgré leur contribution essentielle à l’économie, de nombreux jeunes travailleurs restent exposés à l’insécurité professionnelle et au risque de pauvreté.

Parallèlement, la crise du logement continue de s’aggraver dans de nombreuses régions d’Europe. L’augmentation constante des loyers, la spéculation immobilière et le manque d’investissements dans des logements accessibles empêchent de nombreux jeunes de devenir indépendants, de saisir des opportunités professionnelles ou de poursuivre leurs études dans de bonnes conditions.

Face à ces constats, la motion adoptée appelle les institutions européennes, les gouvernements nationaux et les partenaires sociaux à agir concrètement. Elle défend notamment la promotion d’emplois décents, une rémunération équitable des stages, un renforcement des protections pour les travailleurs des plateformes numériques ainsi que des politiques ambitieuses en faveur du logement abordable.

Cette adoption représente une avancée importante pour les organisations de jeunesse et les syndicats engagés dans la défense des droits des jeunes en Europe. Parmi les personnes ayant porté cette motion figure Céline Ruffie (FGTE) Présidente de la jeunesse au sein de la Confédération européenne des syndicats, élue à travers ETF (fédération européenne des travailleurs des transports). Son engagement a contribué à mettre en lumière les préoccupations des jeunes travailleurs et travailleuses confrontés à la précarité de l’emploi, à l’insécurité sociale et aux difficultés d’accès au logement.

À travers ce vote, les membres du Forum européen de la Jeunesse réaffirment leur volonté de construire une Europe plus juste, plus inclusive et plus solidaire, où chaque jeune peut envisager son avenir avec confiance et bénéficier des mêmes opportunités, quels que soient son origine sociale ou son parcours.

L’adoption de cette motion constitue ainsi un signal fort envoyé aux décideurs européens : investir dans la jeunesse n’est pas seulement une nécessité sociale, c’est une condition essentielle pour l’avenir de l’Europe.

L’Assemblée générale de Tromsø a également été l’occasion d’exprimer notre solidarité avec les travailleurs et travailleuses du secteur de l’hôtellerie-restauration mobilisés aux côtés du syndicat norvégien Fellesforbundet. Affilié à la confédération syndicale norvégienne LO, ce syndicat est également actif au sein des structures syndicales européennes. Pour les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration, il est notamment membre de la EFFAT, fédération sectorielle européenne affiliée à la Confédération européenne des syndicats (CES). 

En soutenant cette mobilisation locale, les participants à l’Assemblée générale ont rappelé que la défense des droits des jeunes est indissociable de la lutte pour de meilleures conditions de travail, des salaires décents et le respect du dialogue social partout en Europe.

L’euro numérique : une monnaie publique au service des citoyens et des travailleurs

Lors du Comité exécutif de la Confédération européenne des syndicats (CES) des 10 et 11 mars 2026, une déclaration importante a été adoptée concernant le développement de l’euro numérique, prochaine étape de l’évolution monétaire en Europe.

-> Une monnaie publique pour renforcer la souveraineté européenne

L’euro numérique représente un levier stratégique pour l’autonomie financière de l’Union européenne. Dans un contexte de fragmentation des systèmes financiers mondiaux, il permettrait de réduire la dépendance de l’Europe vis-à-vis des prestataires de paiement étrangers et de garantir que les données de paiement restent protégées par les règles européennes.

Sa gestion doit rester strictement publique, sous l’autorité de la Banque centrale européenne, afin de préserver la confiance, la résilience financière et la protection des citoyens.

-> Une approche volontaire et respectueuse des travailleurs

La CES insiste sur le caractère volontaire de l’euro numérique :

  • Aucun salarié ne devrait être obligé de percevoir son salaire en euros numériques.
  • Les prestations, revenus ou pensions doivent pouvoir rester sur d’autres supports monétaires si les travailleurs le souhaitent.
  • Les impacts sur l’emploi doivent être évalués de manière continue, avec un dialogue social actif pour anticiper et gérer les transformations technologiques.

-> Complémentarité avec l’argent liquide

L’euro numérique ne remplacera pas l’argent liquide, qui reste essentiel pour la confidentialité, la résilience et l’inclusion sociale. L’objectif est de compléter l’écosystème monétaire existant et de limiter les paiements non enregistrés, tout en renforçant la lutte contre l’économie souterraine.

-> Inclusion et accessibilité

La CES souligne que l’euro numérique doit être universellement accessible, y compris pour les personnes âgées, handicapées ou peu familiarisées avec le numérique. Des services d’assistance et des règles transparentes sur les frais doivent garantir que personne n’est exclu.

-> Sécurité, protection des données et droits fondamentaux

La déclaration insiste sur la nécessité d’investissements massifs dans la cybersécurité et la protection des données personnelles. L’euro numérique ne doit en aucun cas servir à la surveillance des utilisateurs ou influencer leurs choix financiers. Les droits fondamentaux et la liberté d’usage doivent être préservés.

-> Dialogue social et modèle européen

Enfin, la CES rappelle que la gouvernance et le déploiement de l’euro numérique doivent s’appuyer sur un dialogue social structuré, impliquant syndicats et travailleurs à chaque étape. L’euro numérique doit renforcer le modèle social européen, garantir l’inclusion et préserver les droits des travailleurs.

En conclusion, l’euro numérique, tel que défini par la CES, est envisagé comme un bien public européen, sécurisé, accessible et volontaire, placé sous contrôle public pour servir les citoyens et soutenir la souveraineté, la stabilité et l’inclusion en Europe.

Les syndicats européens de la Confédération européenne des syndicats se mobilisent à Vienne pour exiger une loi sur les emplois de qualité

À l’occasion de la Journée mondiale du travail décent, des centaines de syndicalistes venus de toute l’Europe se sont réunis ce mardi à Vienne pour appeler l’Union européenne à garantir à chaque travailleur un emploi sûr, équitable et bien rémunéré.
Organisée par la Confédération européenne des syndicats (CES), cette action symbolique et la manifestation de haut niveau ont rassemblé de nombreuses organisations syndicales, dont la FGTE-CFDT, venue représenter la voix des salariés français du transport et de l’environnement.

Depuis 2008, la journée du 7 octobre est l’occasion pour le mouvement syndical international de rappeler que le travail décent reste une condition essentielle de la justice sociale et du progrès économique. Cette année, la mobilisation intervient dans un contexte alarmant : les travailleurs à bas salaire consacrent désormais un tiers de leur revenu au loyer dans la plupart des pays de l’UE, dix millions de salariés supplémentaires ne peuvent plus chauffer correctement leur logement, et les dirigeants des grandes entreprises gagnent en moyenne 110 fois plus que le travailleur moyen.

Face à cette situation, la CES réclame que la future loi européenne sur les emplois de qualité, attendue pour le 1er décembre, tienne ses promesses. Elle demande à la Commission européenne de proposer des mesures législatives concrètes, parmi lesquelles :

  • des investissements dans des emplois de qualité, assortis de conventions collectives solides ;
  • une directive “Just Transition” pour garantir que les transitions écologiques et numériques se fassent sans licenciements massifs ;
  • une régulation de l’intelligence artificielle au travail, respectant le contrôle humain et les droits des salariés ;
  • une directive européenne sur les risques psychosociaux, pour protéger contre le stress, le harcèlement en ligne et l’épuisement professionnel ;
  • et une limitation stricte de la sous-traitance, afin d’assurer une responsabilité partagée tout au long des chaînes de production.

Pour Wolfgang Katzian, président de la CES, « le travail décent est la base de toutes les réussites économiques et sociales de l’Europe ».
De son côté, Tea Jarc, secrétaire confédérale de la CES, a averti que « l’Europe ne peut pas se permettre une nouvelle vague d’austérité et de déréglementation ».

Présente à Vienne, la FGTE-CFDT a réaffirmé son engagement aux côtés des autres syndicats européens pour défendre un modèle social fondé sur la sécurité, la dignité et la participation des travailleurs aux décisions qui les concernent. Pour la fédération, « il est urgent que l’Union européenne tienne sa promesse d’un travail décent, sûr et équitable pour toutes et tous ».

Alors que les transitions écologique et numérique redéfinissent le monde du travail, les syndicats européens espèrent que cette loi sur les emplois de qualité marquera un tournant décisif vers une Europe plus juste et solidaire.

Les syndicats européens appellent l’UE à des sanctions immédiates contre Israël

Bruxelles, 24 septembre 2025 — À l’issue d’une rencontre avec l’ambassadeur de Palestine auprès de l’Union européenne, les principales organisations syndicales européennes ont publié une déclaration commune appelant à une réaction plus ferme et cohérente de la part de l’UE face à la situation dramatique dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée.

Un appel à l’action et non plus aux déclarations

La Confédération européenne des syndicats (CES) et plusieurs Fédérations syndicales européennes dont ETF (fédération européenne des travailleurs des transports) à laquelle la FGTE CFDT est affiliée ont salué la récente Déclaration de New York réaffirmant la solution à deux États comme voie vers une paix durable au Proche-Orient. Elles appellent désormais l’Union européenne et ses États membres à aller au-delà des mots en adoptant des mesures concrètes, y compris des sanctions économiques immédiates contre Israël.

Suspension de l’accord UE-Israël et interdiction des produits des colonies

Les syndicats demandent notamment la suspension totale de l’accord d’association UE-Israël, en réaction aux violations répétées du droit international humanitaire, et l’interdiction des relations commerciales avec les colonies israéliennes situées dans les territoires palestiniens occupés. Ces colonies, jugées illégales par les Nations Unies, doivent être exclues de tout commerce européen afin d’éviter toute complicité dans les atteintes aux droits des Palestiniens.

Condamnation de l’opération militaire à Gaza et de l’expansion coloniale

Les organisations syndicales ont exprimé leur plus ferme condamnation de la récente opération militaire israélienne dans la bande de Gaza, qualifiée de « massive » et ayant fait de nombreuses victimes civiles. Elles dénoncent également le projet de colonie E1 en Cisjordanie, considéré comme une tentative d’annexion illégale.

Rappelant que la famine utilisée comme arme de guerre est un crime selon la Cour pénale internationale, les syndicats appellent l’UE à prendre ses responsabilités face aux violations documentées par des instances internationales, y compris celles relevant potentiellement du crime de génocide.

Soutien au peuple palestinien et à ceux qui refusent la guerre

La déclaration appelle également à renforcer le soutien financier à l’UNRWA et à l’Autorité palestinienne, afin de permettre le paiement des salaires des travailleurs palestiniens. Elle dénonce par ailleurs la criminalisation des travailleurs européens ayant manifesté leur solidarité avec la Palestine ou ayant refusé de charger des cargaisons d’armes à destination d’Israël.

Des sanctions ciblées contre les colons violents et les ministres extrémistes

Enfin, les syndicats exigent des sanctions individuelles contre les colons violents et contre certains ministres israéliens accusés d’incitation à la haine et à la violence. Ils réclament également la suspension du financement du programme Horizon Europe à Israël et la mise en pause du soutien bilatéral.

Un message clair : le temps des paroles est révolu

« Le temps des avertissements et des déclarations est révolu depuis longtemps », conclut la déclaration. Les syndicats appellent l’Union européenne à agir avec détermination et sans délai, en conformité avec ses propres valeurs et ses engagements en matière de droits humains, afin de promouvoir une paix juste et durable, fondée sur le droit international et la reconnaissance de deux États vivant côte à côte en sécurité.

Pour lire la déclaration commune, cliquez ici

Tarifs douaniers américains, position de la CES : l’UE doit agir d’urgence pour protéger l’emploi

Face à la menace d’une hausse des droits de douane américains jusqu’à 30 %, la Confédération européenne des syndicats (CES) appelle l’Union européenne à prendre des mesures rapides et ambitieuses pour sauvegarder les emplois et la production.

L’économie européenne subit déjà les effets négatifs des tarifs américains actuels : un droit de douane général de 10 % sur l’ensemble des produits, ainsi que des taxes de 25 % ciblant des secteurs clés tels que l’automobile, l’acier et l’aluminium. La perspective d’une augmentation à 30 % de ces tarifs, qui pourrait pousser des entreprises à délocaliser leur production hors d’Europe, doit être considérée comme une situation d’urgence par les institutions européennes.

Selon une étude de l’Institut syndical européen, un tarif de 20 % mettrait en danger au moins 700 000 emplois dans l’UE, sans même compter les secteurs déjà fortement impactés. La Banque centrale européenne évalue quant à elle les pertes économiques potentielles à 160 milliards d’euros. Une hausse à 30 % aggraverait dramatiquement cette situation.

Les revendications de la CES pour protéger l’emploi

Face à ce contexte, la CES appelle la Commission européenne à intervenir immédiatement avec des mesures concrètes et ambitieuses, notamment :

  • La mise en place de mécanismes d’urgence pour accompagner les entreprises et les salariés touchés, à l’image d’une initiative « SURE 2.0 » visant à protéger l’emploi et la production européenne.
  • La suspension des règles de gouvernance économique de l’UE, afin de permettre aux États membres d’adopter des politiques économiques destinées à défendre les secteurs industriels stratégiques.
  • La création d’un mécanisme d’investissement permanent, avec des conditions sociales strictes, pour combler le déficit d’investissement public nécessaire à la création d’emplois de qualité et à une économie innovante, autonome et durable.
  • Le renforcement du dialogue social au niveau européen et national, pour garantir que la voix des travailleurs soit pleinement prise en compte dans les décisions et politiques industrielles.
  • Le soutien à la demande intérieure via une revalorisation des salaires et la promotion de la négociation collective, accompagnés d’initiatives législatives pour assurer des transitions justes et anticiper les transformations économiques.
  • La mise en place éventuelle de mesures pour contrôler la spéculation et limiter la hausse des prix des biens essentiels, afin d’éviter une nouvelle crise du coût de la vie.
  • Un appel à la Banque centrale européenne pour qu’elle n’augmente pas ses taux d’intérêt en réponse aux hausses de prix causées par ces tarifs, mais qu’elle les diminue si nécessaire.

Défendre les standards européens face aux pressions américaines

La CES rappelle que l’UE doit continuer à investir dans la transition écologique et numérique tout en protégeant sa base industrielle et son tissu social. « L’Europe ne doit pas être poussée à renoncer à son modèle social, à ses normes, à ses valeurs et à ses droits », insiste Esther Lynch, secrétaire générale de la CES.

Elle appelle aussi à reprendre les négociations commerciales avec les États-Unis pour éviter ces mesures douanières préjudiciables, tout en rejetant fermement l’idée que les protections sociales et environnementales européennes constituent une distorsion de concurrence. Ces règles sont des garanties indispensables pour tous les acteurs sur le marché européen.

La CES se dit prête à collaborer avec les institutions européennes, les employeurs et les gouvernements nationaux pour bâtir une stratégie industrielle résiliente, inclusive et bénéfique à tous les Européens.

Déréglementation européenne des Entreprises : Une Menace pour les Droits des Travailleurs et la Planète

La déréglementation des entreprises, couplée à des attaques contre les droits européens protégeant les travailleurs et les syndicats, ne constitue en aucun cas la solution aux violations des droits humains et environnementaux. Au contraire, ces propositions risquent de compromettre des avancées législatives cruciales mises en place pour garantir une durabilité véritable, une concurrence loyale et une protection des droits sociaux.

L’Union Européenne Face à une Poussée de Déréglementation

Récemment, plusieurs organisations patronales ont exprimé leur volonté de déréguler les directives européennes en matière de durabilité des entreprises. Parmi les textes fondamentaux adoptés par l’UE, la directive sur le devoir de vigilance en matière de durabilité des entreprises (CS3D) est devenue la cible principale des attaques. Après les critiques lancées contre la directive sur le reporting en matière de durabilité (CSRD) et le règlement sur la déforestation, les entreprises s’attaquent désormais à la CS3D. Leur objectif : édulcorer, voire démanteler, un acquis social essentiel pour les travailleurs, la société et la planète.

Ces appels à la déréglementation visent à créer un vide juridique permettant aux entreprises, et particulièrement aux PME, d’échapper à leurs obligations de reporting et de diligence raisonnable. Pour la Confédération Européenne des Syndicats (CES), cette approche est non seulement inacceptable, mais elle porte un mépris évident envers les citoyens européens, les travailleurs et l’environnement.

Une Législation Issue de la Démocratie : Ne Cédons Pas à la Pression

La CES appelle à ce que la CS3D soit transposée sans délai par les États membres. Adoptée après un long processus législatif démocratique, cette directive est le fruit d’un travail intensif ayant duré plus de deux ans. Elle a été adoptée en avril 2024, après un consensus largement soutenu. Il est impératif que les entreprises, soutenues par certains États membres, cessent de déstabiliser cette législation, qui vise à assurer des conditions de concurrence équitables et durables pour les entreprises, la société et les travailleurs. De plus, la CS3D représente une avancée majeure en matière de sécurité juridique et de prévisibilité pour tous les acteurs économiques, en particulier pour les entreprises qui veulent investir dans la durabilité à long terme.

La CS3D : Une Directive qui fixe un minimum, Pas une régression

Contrairement aux affirmations des associations d’entreprises, la CS3D n’est pas particulièrement ambitieuse en termes de portée. En effet, bien qu’elle introduise des obligations minimales en matière de respect des droits humains, elle ne va pas aussi loin que le Principe directeur des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, qui appelle à une responsabilité de respect des droits humains pour toutes les entreprises, indépendamment de leur taille, secteur ou pays d’opération. Le texte de la CS3D est un compromis, un minimum qui permet de garantir une base commune tout en laissant la possibilité aux États membres de renforcer les protections nationales.

La CS3D établit des obligations pour toutes les entreprises opérant sur le marché européen, y compris les grandes entreprises et les PME, afin d’éviter des pratiques commerciales nuisibles et une concurrence déloyale, que ce soit en Europe ou à l’extérieur du continent. Ces règles, en favorisant la durabilité des entreprises, cherchent également à garantir une transition juste vers la durabilité pour les travailleurs et la planète, dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

La Déréglementation : Une Fausse Solution

Les revendications visant à réduire les coûts administratifs et à alléger les obligations de reporting des entreprises sont, en réalité, des pressions visant à privilégier les intérêts privés au détriment de l’intérêt général. Ces demandes ignorent les impacts sociaux et environnementaux d’une telle déréglementation, qui seraient supportés par la société, les travailleurs et leurs familles. À court terme, cela pourrait entraîner des économies pour certaines entreprises, mais à long terme, les coûts sociaux et environnementaux seraient immenses.

En réalité, la CS3D représente un investissement stratégique dans les droits des travailleurs, la protection de l’environnement et la responsabilité sociale des entreprises. La directive vise à garantir un respect global des droits humains dans les chaînes de valeur mondiale, avec un impact positif sur la durabilité des entreprises. Les entreprises qui adoptent cette législation de manière proactive voient une opportunité de se positionner comme des leaders durables sur le marché mondial.

Une Législation Cruciale pour les Travailleurs

La CES souligne que les syndicats et les représentants des travailleurs doivent être impliqués de manière significative dans la mise en œuvre de la CS3D. En effet, l’engagement des travailleurs et des syndicats au sein des entreprises renforce leur résilience et favorise un environnement de travail plus stable et plus équitable. La directive encourage cette participation, ce qui est bénéfique tant pour les employés que pour les employeurs. La consultation et la coopération sont des moteurs essentiels pour garantir des pratiques commerciales équitables et prévenir les risques d’abus dans les chaînes d’approvisionnement.

La CS3D met également en lumière que les entreprises durables ont déjà commencé à adopter des pratiques volontaires de diligence raisonnable. Ces entreprises comprennent qu’un respect total des droits humains et des normes environnementales ne constitue pas seulement une obligation morale, mais aussi un avantage concurrentiel. Elles aspirent à un cadre juridique qui leur offre de la sécurité juridique et de la prévisibilité dans leurs activités commerciales.

Un Appel à Maintenir la CS3D

La CES et ses affiliés appellent donc fermement les États membres et la Commission européenne à maintenir et à mettre en œuvre la CS3D de manière ambitieuse. Il est crucial de garantir une transposition effective de cette législation dans tous les pays de l’UE, et ce, sans recul par rapport aux normes existantes. Le véritable défi réside dans la mise en œuvre effective de cette directive, avec l’implication active des syndicats et des acteurs sociaux.

En conclusion, les propositions visant à simplifier la réglementation en matière de durabilité des entreprises sous prétexte de réduire la charge administrative sont un danger pour les droits des travailleurs, l’environnement et la compétitivité à long terme. Au contraire, il est essentiel que la législation européenne en matière de diligence raisonnable bénéficie à tous les acteurs : travailleurs, entreprises et environnement. Les entreprises responsables doivent être soutenues, et non pas confrontées à des demandes de déréglementation qui risquent de mettre en péril les fondements mêmes de la durabilité.

L’UE doit maintenir un cadre législatif fort et ambitieux, pour que les droits des travailleurs, des syndicats et de la planète soient protégés dans un monde où la durabilité est plus essentielle que jamais.

Interpellation de la Présidente de la Commission Européenne, Ursula Von der Leyen, lors du Comité Exécutif de la CES (Confédération Européenne des Syndicats) par le Comité des jeunes

Dans le cadre du comité exécutif de la Confédération Européenne des Syndicats (CES) qui se tenait en décembre dernier, et qui a rassemblé des acteurs syndicaux de toute l’Europe, il a été donné la possibilité aux différents participants d’interpeller et de poser des questions à la Présidente de la Commission Européenne, Ursula Von der Leyen, dans un moment crucial de mise en place de la commission nouvellement composée.

Le comité exécutif a été l’occasion de soumettre à la présidente de la Commission des propositions concrètes visant à renforcer les droits des travailleurs et à garantir une Europe plus juste et équitable.

Le rôle de la CES est primordial pour veiller à ce que les droits des travailleurs soient pris en compte dans les décisions politiques, en particulier dans un contexte de crise économique, de changements environnementaux et de transformations numériques.

Cette réunion a revêtu une importance particulière, car elle a permis d’engager un dialogue direct avec Ursula von der Leyen, dont l’agenda politique inclut des réformes sociales majeures à l’échelle européenne.

Dans ce cadre, C. Ruffié, représentante FGTE-CFDT, Présidente du comité des jeunes de la CES, a pris la parole :

« Madame la Présidente,

Permettez-moi de vous remercier pour l’opportunité de m’adresser à vous.  Nous sommes à un tournant crucial, et l’un des défis les plus pressants demeure l’insertion des jeunes dans le marché européen sur des emplois stable et de qualité.

La précarité, le chômage de longue durée, et le décalage entre les compétences acquises et celles demandées par les employeurs restent des réalités préoccupantes.

En tant que jeunes citoyens européens, nous croyons fermement que l’Europe doit être à la hauteur et offrir des opportunités concrètes.

Vous aviez fait de 2022, l’année européenne des jeunes à la suite de la pandémie, cela a eu un impact mais la situation des jeunes est toujours critique.

20 % en France des jeunes sans emploi, 27% en Espagne., 24% en Suède.

Alors aujourd’hui nous souhaitons vous rappeler que ce dont les jeunes ont besoin ce n’est pas d’une déréglementation constante, nous avons besoin de mesures cibles réelles assurant des emplois de qualité et mettant une bonne fois pour toute un frein aux emplois sous ou non rémunérés.

Les institutions européennes ont sollicité massivement les jeunes pour qu’ils viennent voter lors des élections européennes et un grand nombre d’entre eux ont répondu à cet appel.

J’espère que vous répondrez également au notre.

Dans les turbulences géopolitiques que connait le monde aujourd’hui.

L’Europe doit être fidèle à ses valeurs… ces valeurs que l’Europe a su défendre sur son continent en Ukraine, elle doit aussi les défendre et sans deux poids deux mesures à Gaza, en République Démocratique du Congo et ailleurs dans le monde…

Donner des perspectives d’un monde meilleur, c’est cela redonner de l’espoir à la jeunesse.

Je vous remercie »

Cette intervention s’inscrit dans le cadre du travail effectué par le comité des jeunes de la CES notamment concernant la Directive sur les stages non rémunérés.

En effet, de plus en plus de jeunes travailleurs se retrouvent dans des situations de précarité en raison de stages qui ne sont pas rémunérés ou qui offrent une compensation insuffisante pour couvrir les coûts de la vie, alors même que ces stages sont de plus en plus souvent perçus comme des passerelles indispensables vers le marché du travail.

La directive européenne sur les stages non rémunérés, vise à encadrer les conditions des stages dans l’Union européenne, notamment en ce qui concerne la rémunération des stagiaires et la reconnaissance de leurs droits en tant que travailleurs.

L’objectif principal de la directive est de lutter contre l’exploitation des stagiaires, en particulier les jeunes, en veillant à ce que ceux-ci soient mieux protégés contre les abus liés aux stages non rémunérés. Le texte vise aussi à garantir que les stages ne soient pas utilisés pour contourner la législation sur l’emploi salarié, notamment en période de crise économique.

La Confédération Européenne des Syndicats (CES) soutient fermement l’idée d’une rémunération obligatoire des stages, considérant que le travail effectué pendant un stage doit être payé comme tout autre travail. La CES estime que la rémunération des stagiaires est une question de justice sociale et d’égalité des chances. Un stage non rémunéré, selon la CES, constitue une forme de précarisation pour les jeunes et une discrimination, car seuls ceux qui peuvent se permettre de travailler sans rémunération bénéficient de ces expériences professionnelles.

Voici les principaux points de la position de la CES sur cette directive :

1. Rémunération obligatoire des stagiaires

La CES considère que les stagiaires doivent être traités comme des travailleurs à part entière. Ils doivent recevoir une rémunération décente, quel que soit le secteur dans lequel ils évoluent, afin de garantir qu’ils puissent couvrir les frais liés à leur stage (logement, transports, nourriture, etc.). Cela inclut également la nécessité d’une rémunération minimale, même dans les cas où le stage est une condition pour l’obtention d’un diplôme.

2. Lutte contre la précarité et les abus

La CES met en garde contre les dérives liées à des stages abusifs, où les jeunes sont souvent exploités pour remplacer des travailleurs salariés. La directive doit prévoir des mécanismes de contrôle efficaces pour éviter que les stages ne soient utilisés pour contourner les lois du travail, notamment en matière de salaires et de conditions de travail. De plus, la CES insiste sur le fait que les stages doivent avoir une finalité pédagogique claire, et non pas être une forme de main-d’œuvre gratuite.

3. Protection sociale pour les stagiaires

La CES plaide également pour que les stagiaires bénéficient d’une protection sociale complète (accès à la sécurité sociale, assurances, congés payés, etc.) pendant la durée de leur stage. Cela inclut également l’accès aux droits de formation et aux possibilités de certification des compétences acquises pendant le stage.

4. Règles claires pour tous les secteurs

Les règles sur la rémunération des stages doivent être harmonisées à l’échelle européenne pour éviter que certains pays ou secteurs deviennent des « paradis des stages non rémunérés ». La CES exige des garanties pour que tous les secteurs respectent les principes de rémunération et de traitement équitable des stagiaires, et que des sanctions soient prévues en cas de non-respect des règles.

5. Encouragement de la diversité et de l’égalité des chances

La CES souligne également que l’accès aux stages ne doit pas dépendre de la situation socio-économique des candidats. Les jeunes issus de milieux moins favorisés doivent avoir les mêmes opportunités que les autres. La rémunération des stages contribue ainsi à réduire les inégalités sociales et à favoriser l’inclusion professionnelle.

6. Un cadre de régulation européen La CES appelle à une régulation stricte au niveau européen pour encadrer les stages, et notamment la mise en place d’une directive contraignante qui impose une rémunération minimale et des garanties de conditions de travail équitables dans tous les États membres de l’Union Européenne. L’objectif est d’assurer une protection égale pour les stagiaires, indépendamment du pays dans lequel ils effectuent leur stage.

La FGTE fortement mobilisée à Bruxelles pour lutter contre l’austérité !

Pourquoi cette mobilisation ?

Le 12 décembre dernier se déroulait à Bruxelles, une manifestation organisée par la CES (Confédération Européenne des Syndicats) pour exprimer une forte opposition au projet de lancement du programme d’austérité 2.0 prévu pour l’année à venir.

En effet, les ministres finances de tous les pays de l’UE étaient réunis à Bruxelles et certains avaient pour but de faire pression afin que l’Europe revienne à des règles d’austérités strictes, ce qui entrainerait de lourdes coupes budgétaires pour les gouvernements des Etats membres et auraient un impact direct sur les travailleurs.

Cette mobilisation était particulièrement importante car revenir à une politique d’austérité peut directement jouer sur les politiques d’accès à des soins de qualité, à l’éducation, à des conditions de travail dignes. Ces négociations mettaient à mal les éléments qui permettent à nos sociétés de prospérer.

Les travailleurs et leurs proches ont besoin d’investissements publics dans l’éducation, les soins de santé, les salaires et un avenir durable. Aujourd’hui encore plus qu’hier avec cette inflation galopante.

Un focus fait par ETF sur la défense du Fret ferroviaire suite à l’adoption de la motion d’urgence lors du congrès de la CES

Lors de cette manifestation ETF avait demandé à ses affiliés de venir nombreux car elle mettait en place une action forte pour défendre le fret ferroviaire suite à la motion d’urgence adoptée lors du congrès de la CES. Les cheminots d’ETF avaient un message important à adresser à la Commission Européenne : plus d’investissements publics pour stimuler le transport ferroviaire de marchandises dans toute l’Europe et le déclarer comme un service d’intérêt public.

ETF est fortement impliqué aux côtés de ses affiliés français et allemands suite aux enquêtes menées sur Fret SNCF et DB Cargo pour avoir prétendument reçu des aides d’état illégales.

Le transport ferroviaire de marchandises est un modèle de durabilité environnementale, émettant 9 fois moins de CO2 que le transport routier pour les mêmes quantités de marchandises. Chaque train de marchandises en Europe remplace effectivement plus de 50 camions sur les routes, faisant du fret ferroviaire l’un des moyens de transport de marchandises les plus respectueux de l’environnement. Cela joue un rôle central dans la réalisation des objectifs ambitieux du Green Deal.

Cependant, malgré l’objectif de la Commission européenne de doubler la part modale du fret ferroviaire d’ici 2050, la part modale actuelle du rail dans le transport de marchandises européen se situe à un plus bas historique de 11,5 % en 2020 depuis la libéralisation du secteur en 2006.

L’ETF exige sans équivoque que la Commission européenne mette fin à ses enquêtes sur ces entreprises et désigne plutôt le fret ferroviaire comme un service d’intérêt général. Au lieu de promouvoir des mesures d’austérité et de pénaliser les autorités qui investissent dans ce mode de transport respectueux de l’environnement, la Commission européenne devrait lancer des politiques encourageant les investissements dans le fret ferroviaire.

La FGTE CFDT était très bien représentée au côté de sa confédération grâce à ses nombreux militants issus des différents secteurs qui avaient fait le déplacement à Bruxelles pour venir exprimer leur colère et exprimer leur solidarité européenne.

Congrès de la CES-Motion fret

La FGTE CFDT fortement impliquée lors du congrès de la CES dans la délégation de l’ETF

Le 15ème congrès de la Confédération européenne des syndicats s’est tenu du 23 au 26 mai à Berlin. Nous y avons fêté les 50 ans de la CES dans un contexte de crise : les effets de la crise sanitaire, la guerre en Ukraine, la forte inflation, le réchauffement climatique et la montée de l’extrême droite.

Lors de ce congrès, la FGTE-CFDT était la seule organisation syndicale française à faire partie de la délégation ETF en envoyant 2 délégués (fédération européenne des travailleurs des transport) et c’est au service de tous travailleurs des transports français qu’elle a œuvrée à ce congrès. En effet, très largement soutenue par les autres membres de la délégation ETF, elle a largement contribué à pousser la motion sur le fret ferroviaire en réponse à l’actualité de ce secteur (discontinuité de la société de FRET SNCF suite à une enquête de la commission avec un avenir très incertain pour les salariés) sur les 8 adoptées (le fret ferroviaire, Cuba, l’Iran, la mobilisation contre l’austérité, le Qatar, la Turquie, le droit de grève, l’Ukraine).

Cette motion fret est la seule motion sectorielle adoptée par le congrès de la CES et c’est un message fort envoyé à la Commission Européenne par les 45 millions de travailleurs qu’elle représente à travers les organisations syndicales et fédérations affiliées.

Le message envoyé par la CES à la commission européenne est clairement que cette décision reflète un paradoxe qui menace l’existence de milliers de travailleurs du secteur ferroviaire européen ainsi que les générations futures.

De plus, ce congrès avait également une symbolique forte pour la CFDT dans son ensemble car Laurent Berger qui œuvrait depuis 2019 (élu avec 95,9 % des voix) comme Président de la CES passait le témoin à Esther Lynch.

Le congrès a voté le rapport d’activité à l’unanimité, de nombreux travaux structurants ayant été réalisés sous cette mandature (directive salaire minimum, directive transparence salariale).

Lors du congrès, une charte des valeurs largement inspirée de celle de la CFDT ainsi que le Manifeste de Berlin (programme d’action 2023-2027) ont été adoptés. Les thèmes abordés sont : « le renouveau syndical, changer l’avenir du travail, une économie au service du peuple, ensemble pour notre avenir européen, ensemble pour une CES forte ».

Ce manifeste se veut d’être un message fort contre l’extrême droite et le populisme comme le disait Laurent Berger lors de son discours : « partout où ils gouvernent, les droits reculent, ceux des travailleurs, des migrants ou des minorités (…). Tous les reculs démocratiques sont des reculs pour les droits des travailleurs. ».