Une mobilisation massive de la CSC Transcom pour une société plus juste en Belgique et contre la politique d’austérité du gouvernement Arizona !

La manifestation intersectorielle du 12 mars dernier a rassemblé à Bruxelles plus de 100.000 participantes et participants à l’appel de la CSC Transcom et d’autres fédérations syndicales belges. Un succès indéniable, qui témoigne d’une mobilisation forte face aux politiques d’austérité.

À cette occasion, la CFDT Cheminots a tenu à être présente en soutien et en solidarité avec les travailleuses et travailleurs mobilisés. Cette présence illustre l’importance des liens entre organisations syndicales au-delà des frontières, face à des enjeux sociaux qui nous concernent toutes et tous.

En participant à cette mobilisation, la CFDT Cheminots a réaffirmé son attachement à une solidarité concrète entre travailleurs européens. Les réformes des pensions et les politiques d’austérité menées en Belgique font écho à des problématiques que nous connaissons également en France.

Partout, les mêmes logiques sont à l’œuvre : faire peser les efforts sur les salariés, en particulier les plus fragiles, plutôt que de s’attaquer aux inégalités structurelles.

La réforme des pensions portée par le gouvernement Arizona en est une illustration préoccupante. Elle cible une nouvelle fois des publics déjà précarisés, notamment les femmes et les travailleurs et travailleuses à temps partiel.

Ces orientations sont inacceptables. Elles creusent les inégalités et fragilisent encore davantage celles et ceux qui subissent déjà des parcours professionnels discontinus.

La mobilisation du 12 mars a démontré que l’action collective est indispensable. Elle a déjà permis d’obtenir des avancées concrètes pour les travailleurs et travailleuses belges :

  • le maintien des emplois de fin de carrière ;
  • la prise en compte des périodes de chômage temporaire et de maladie dans le calcul des pensions ;
  • le maintien de la première année de travail dans ce calcul.

D’autres choix sont possibles pour répondre aux enjeux budgétaires en Belgique d’après la CSC Transcom sans faire porter l’effort sur les travailleurs et travailleuses :

  • une fiscalité plus juste sur le patrimoine ;
  • une taxation des activités numériques des grandes entreprises technologiques ;
  • un audit transparent des subsides publics accordés aux entreprises.

Parce que les enjeux sociaux dépassent les frontières, la solidarité syndicale est plus que jamais nécessaire.

L’euro numérique : une monnaie publique au service des citoyens et des travailleurs

Lors du Comité exécutif de la Confédération européenne des syndicats (CES) des 10 et 11 mars 2026, une déclaration importante a été adoptée concernant le développement de l’euro numérique, prochaine étape de l’évolution monétaire en Europe.

-> Une monnaie publique pour renforcer la souveraineté européenne

L’euro numérique représente un levier stratégique pour l’autonomie financière de l’Union européenne. Dans un contexte de fragmentation des systèmes financiers mondiaux, il permettrait de réduire la dépendance de l’Europe vis-à-vis des prestataires de paiement étrangers et de garantir que les données de paiement restent protégées par les règles européennes.

Sa gestion doit rester strictement publique, sous l’autorité de la Banque centrale européenne, afin de préserver la confiance, la résilience financière et la protection des citoyens.

-> Une approche volontaire et respectueuse des travailleurs

La CES insiste sur le caractère volontaire de l’euro numérique :

  • Aucun salarié ne devrait être obligé de percevoir son salaire en euros numériques.
  • Les prestations, revenus ou pensions doivent pouvoir rester sur d’autres supports monétaires si les travailleurs le souhaitent.
  • Les impacts sur l’emploi doivent être évalués de manière continue, avec un dialogue social actif pour anticiper et gérer les transformations technologiques.

-> Complémentarité avec l’argent liquide

L’euro numérique ne remplacera pas l’argent liquide, qui reste essentiel pour la confidentialité, la résilience et l’inclusion sociale. L’objectif est de compléter l’écosystème monétaire existant et de limiter les paiements non enregistrés, tout en renforçant la lutte contre l’économie souterraine.

-> Inclusion et accessibilité

La CES souligne que l’euro numérique doit être universellement accessible, y compris pour les personnes âgées, handicapées ou peu familiarisées avec le numérique. Des services d’assistance et des règles transparentes sur les frais doivent garantir que personne n’est exclu.

-> Sécurité, protection des données et droits fondamentaux

La déclaration insiste sur la nécessité d’investissements massifs dans la cybersécurité et la protection des données personnelles. L’euro numérique ne doit en aucun cas servir à la surveillance des utilisateurs ou influencer leurs choix financiers. Les droits fondamentaux et la liberté d’usage doivent être préservés.

-> Dialogue social et modèle européen

Enfin, la CES rappelle que la gouvernance et le déploiement de l’euro numérique doivent s’appuyer sur un dialogue social structuré, impliquant syndicats et travailleurs à chaque étape. L’euro numérique doit renforcer le modèle social européen, garantir l’inclusion et préserver les droits des travailleurs.

En conclusion, l’euro numérique, tel que défini par la CES, est envisagé comme un bien public européen, sécurisé, accessible et volontaire, placé sous contrôle public pour servir les citoyens et soutenir la souveraineté, la stabilité et l’inclusion en Europe.

Loi Cadre Transports : la FGTE CFDT renforce les préconisations sociales du CESE

Après avoir contribué à la conférence de financement Ambition France Transports en 2025, la CFDT avait interpellé le Premier ministre et le ministre des Transports dans un courrier daté du 9 juillet afin de revendiquer une participation plus large dans la préparation du projet de loi. Philippe Tabarot avait répondu le 3 septembre à la CFDT qu’il comptait associer les syndicats « via une saisine du Conseil économique social et environnemental ». De fait le CESE a été saisi par le Gouvernement le 7 janvier dernier pour un retour attendu le 28 janvier. L’avis du CESE a été élaboré et adopté dans ce délai record et la CFDT a largement contribué à apporter son expertise dans la discussion de ce texte.

Ce projet de loi reflète les hésitations politiques actuelles entre une stratégie de transformation planifiée et des logiques budgétaires de court-terme.

On compte parmi les points positifs, le principe d’un investissement public de long terme dans le cadre de lois de programmation décennales, des ressources affectées, parmi lesquelles la mobilisation future des marges bénéficiaires des sociétés d’autoroute, ou encore la reconnaissance du besoin d’investissement supplémentaire dans les infrastructures de transport durable (1,5 Mds € pour le ferroviaire).

Mais les points de vigilance restent nombreux : le volontarisme fait défaut sur la mobilisation des moyens de financement, notamment cette législation fait l’impasse sur un grand emprunt pour la transition écologique des transports et ne s’articule pas clairement avec la stratégie nationale bas carbone et une politique industrielle.

Le financement projeté reste au contraire fait d’expédients sur de nouveaux partenariats publics-privés qui risquent d’aiguiser les appétits de fonds de pension nord-américains en dépit des discours sur la souveraineté européenne.

Enfin – et c’est sans doute la plus grande lacune de cette politique- les enjeux sociaux, trajectoire des emplois, compétences à l’échelle des chaînes de valeur, partage de la valeur créée, sont absents de cette loi principielle.

Parmi les points que la CFDT a pu porter dans l’avis du CESE sur le projet de loi figurent les éléments suivants :

En matière de garanties de financement :

  • La nécessité de fixer un plancher minimal pour la fraction de ressources publiques issues des transports qui sera allouée aux dépenses publiques de transport ;
  • L’assurance que les marges bénéficiaires des sociétés concessionnaires d’autoroute iront financer majoritairement des transports décarbonés ;
  • L’institution d’une réserve budgétaire affectée aux amendes prononcées contre les transporteurs récidivistes d’infractions à la législation sociale qui viendrait alimenter un fonds dédié au financement des transports collectifs ;

En matière de régulation sociale et environnementale du transport de marchandises :

  • Le renforcement des contrôles contre les infractions à la législation sociale du transport routier en augmentant les moyens des DREAL ;
  • L’importance d’intégrer les dispositifs de « sous-traitance en cascade » aux obligations fixées aux donneurs d’ordre en matière de décarbonation du transport routier de marchandises ;
  • Le recours à une contribution financière spécifique pour les flux de transport routier de marchandises ne faisant que transiter en France (écotaxe sur le transit routier) ;
  • La nécessité d’intégrer la question du fret ferroviaire au projet de loi ;

En matière de droit à la mobilité :

  • Le caractère injuste d’une augmentation automatique des tarifs de transports en commun en fonction de l’inflation, en particulier en l’absence de compensation équivalente sur les salaires ;
  • L’impératif de maintien de tarifs sociaux pour l’accès aux transports en commun ;
  • La nécessité de prévoir des solutions de mobilités spécifiques pour les jeunes ;
  • Une réaffirmation du droit à la mobilité pour les habitants des territoires peu denses avec notamment le déploiement d’un « forfait mobilité durable citoyen » et l’obligation en urbanisme opérationnel de prévoir une desserte multimodale pour tout équipement essentiel ;

En matière d’aménagement du territoire :

  • La mise en place d’une véritable tarification d’aménagement du territoire pour les lignes ferroviaires à grande vitesse ;
  • L’intérêt de consacrer un volet planification des investissements fléchés sur les « petites lignes ferroviaires » (lignes de desserte fine du territoire) ;
  • La nécessité de prolonger et de renforcer le programme public Territoires Inclusion Mobilités Sobriété (TIMS) qui a permis de porter 80 projets de solutions de mobilités dans les territoires peu denses afin de déployer des dispositifs de rabattement vers les transports réguliers, notamment les futurs « RER métropolitains » ;

En matière de dialogue social et de respect des droits des travailleurs :

  • La mise en place d’un schéma directeur social en lien avec la programmation pluriannuelle des investissements intégrant une trajectoire de l’emploi, le développement des compétences, notamment dans le cadre de pactes sectoriels régionaux et des moyens de financement à l’appui de l’amélioration des conditions de travail ;
  • L’insertion de clauses sociales pour protéger les droits des salariés dans le cadre de la renégociation des contrats de concessions autoroutières ;
  • La concertation préalable avec les organisations syndicales sur les conséquences de gains de productivité envisagés au niveau du groupe SNCF pour financer une partie du besoin d’1,5 Md €.
  • La nécessité impérative de prévoir une consultation préalable des représentants du personnel et des CSSCT concernées avant toute mise en œuvre d’une dérogation à l’interdiction de travailler dans l’emprise de plans de prévention des risques industriels ;

En matière de participation démocratique :

  • L’importance d’associer les comités des partenaires des autorités organisatrices de mobilités (où siègent les organisations syndicales) au suivi des projets de « RER métropolitains » ;
  • Un renforcement de la place des organisations syndicales au sein des comités des partenaires des autorités organisatrices des mobilités ;
  • L’obligation de consulter préalablement le comité des partenaires avant toute réforme tarifaire ;
  • La nécessité de renforcer aussi la planification locale des mobilités à l’échelle d’un bassin de vie en y associant les parties prenantes de la société civile (comité des partenaires, CESER, CODEV…) ;
  • La nécessité de consulter le CESE et les parties prenantes sur les décrets d’application de la loi portant sur des moyens financiers affectés aux transports ;
  • La nécessité d’associer le CESE et les parties prenantes à l’élaboration des futures lois de programmation pluriannuelle des transports.

Après l’adoption de cet avis du CESE, la FGTE va continuer son action syndicale à ce sujet pour une stratégie nationale des transports ambitieuse et socialement juste, en commençant à sensibiliser les exécutifs régionaux sur ce dossier.  Par ailleurs, la FGTE-CFDT agira  en proposant des amendements aux parlementaires, la première échéance étant l’examen par le Sénat à partir de début avril.

Proposition de loi visant à restreindre le droit de grève dans les transports : Stop aux inepties législatives, la priorité c’est le dialogue social !

Dans notre article du 12 avril 2024, nous évoquions comment la FGTE-CFDT, auditionnée par le Sénat sur une proposition de loi visant à restreindre drastiquement le droit de grève dans les transports terrestres et maritimes de voyageurs, avait démontré les multiples fragilités de ce texte inopportun, incohérent et vraisemblablement inconstitutionnel.

Le rapporteur en était alors M. Philippe Tabarot devenu depuis Ministre des Transports. Les Gouvernements successifs n’ont pourtant jamais souhaité pousser les feux sur cette initiative parlementaire hasardeuse -pas même le rapporteur devenu ministre. Toutefois, le Sénat avait tenté de corriger les failles juridiques les plus flagrantes de ce texte. La proposition de loi n’en a pas moins suivi son lent chemin au Parlement. C’est donc une rédaction largement remaniée qui arrive le 22 janvier, après 18 mois de stagnation, sur le bureau de l’Assemblée Nationale dans le cadre d’une « niche parlementaire », c’est-à-dire un temps de débat restreint, dédiée au groupe politique DR (Les Républicains).

Dans ces conditions, et de l’aveu même du rapporteur à l’Assemblée Nationale, M. Nicolas Tryzna, la probabilité d’adoption de ce texte par la représentation nationale est à peu près nulle. Le texte n’en est pas moins inacceptable.

La FGTE-CFDT, auditionnée par les députés ce 8 janvier, a dénoncé une démarche guidée par une communication politique démagogique.

Sur le fond, nous avons souligné les travers et les expédients de ce texte inutile, alors que si l’on souhaite améliorer la qualité de service de nos transports, il serait plutôt urgent de renforcer le dialogue social, d’améliorer l’attractivité des métiers (rémunérations, conditions de travail, sécurité…) et de responsabiliser les donneurs d’ordre, notamment les autorités organisatrices des mobilités (régions, métropoles), sur les conditions sociales des salariés.

Sur la méthode nous avons pointé les nombreuses incongruités de ce texte :

  • Le texte est censé s’appliquer « aux services publics de transports » mais comporte des dispositions incluant expressément les services librement organisés (c’est-à-dire les services concurrentiels privés tels que les TGV, autocars flixbus…). Il reproduit ainsi une incohérence du code des transports qui n’a toujours pas été clarifiée et pourrait être source d’insécurité juridique.
  • Le texte prévoit la suspension pure et simple pendant 30 jours par an du droit de grève dans les transports après une négociation avec les organisations syndicales. En l’absence d’accord, un décret viendrait décider les périodes neutralisées, arbitrant unilatéralement quelles périodes de départ en vacances ou de week-end de fêtes seraient plus prioritaires que d’autres pour la société française. On restreindrait ainsi une liberté constitutionnelle -le droit de grève- au titre d’une vision unilatérale des périodes prioritaires pour le droit à une vie familiale normale. Le juge constitutionnel appréciera.

Par ailleurs on ne le ferait que pour les transports -et une partie d’entre eux seulement- sans considérer d’autres services essentiels. Il y aurait donc une rupture d’égalité difficile à motiver sur le plan du droit.

  • Le texte fait référence à une notion de « besoins essentiels » sans pour autant définir ce qu’ils sont. Il comporte d’autres « innovations » juridiques mal définies telles que « le trouble manifeste à l’organisation du service public » afin de justifier des restrictions au droit de grève dans les transports du quotidien. Cette notion approximative voudrait ainsi étendre la notion de « trouble à l’ordre public », qui bien installée et précisément définie dans la jurisprudence mais aussi beaucoup plus exigeante dans ses conditions.
  • Le texte prévoit d’allonger le délai de prévenance des déclarations individuelles d’intention de 24h, alors qu’il est démontré que cette mesure n’aurait pas d’effet sur l’amélioration de la prévisibilité.
  • Le texte prétend donner aux employeurs un pouvoir de réquisition, sous peine de sanction disciplinaire, en cas d’injonction de l’autorité organisatrice après 3 jours consécutifs de conflit. La FGTE a rappelé aux députés que le pouvoir de réquisition qui s’applique déjà aux travailleurs (pas seulement à ceux du transport) est une prérogative de l’autorité préfectorale qui ne peut s’exercer que dans un cadre bien précis et sous contrôle du juge administratif lorsque des intérêts vitaux sont en jeu.

Ce dernier point a conduit la FGTE-CFDT à souligner en contrepoint l’intérêt bien supérieur qu’il y aurait à impliquer les autorités organisatrices des mobilités dans un dialogue social productif de bonne conditions nécessaires à la qualité du service, plutôt que dans des mesures restrictives tardives qui ne traiteront jamais les causes du conflit.

Cette orientation serait d’autant plus judicieuse qu’il existe aussi des inégalités territoriales face à l’exercice du droit de grève, et a fortiori dans les territoires insulaires qui sont directement visés par la proposition de loi. Ainsi des mesures qui viseraient à restreindre l’exercice du droit de grève produiraient des effets profondément différenciés selon les territoires, créant de fait une rupture d’égalité entre les citoyens des métropoles et ceux des autres territoires.
Dans les grandes métropoles, la densité des infrastructures, la multiplicité des alternatives de transport et la concentration des services permettent d’absorber — certes imparfaitement — les effets d’un mouvement social. Les citoyens disposent de solutions de substitution, et les salariés grévistes conservent une visibilité collective.
À l’inverse, dans les territoires ruraux, déjà fragilisés par la raréfaction des services publics et des réseaux de transport, toute limitation du droit de grève pèse disproportionnellement sur les salariés. La pression sociale, économique et institutionnelle y est plus forte, rendant l’exercice du droit de grève plus risqué, plus stigmatisant et moins effectif.
Cette rupture d’égalité atteint son paroxysme dans les territoires insulaires. Par nature, l’insularité implique une dépendance structurelle à un nombre très limité de liaisons (maritimes, aériennes, énergétiques, logistiques) : traiter par un dialogue social productif et régulier les problématiques qui peuvent mener à de la conflictualité, mais aussi à une augmentation de l’absentéisme ou à une démobilisation des travailleurs, est donc encore plus nécessaire dans ces secteurs essentiels. A l’inverse de nouvelles limitations au droit de grève applicables après qu’on a laissé s’installer et s’envenimer une problématique non traitée seront inopérantes, au détriment de tous.

La systématisation de clauses sociales pour les salariés dans les marchés publics de transports, sur lesquelles les collectivités s’engageraient, engageraient leurs opérateurs et sur lesquelles elles auraient un suivi régulier serait une innovation beaucoup plus propice à la continuité et à la qualité de nos services de transport public ! Le rapporteur n’a pas nié l’intérêt d’une telle orientation. A suivre dans le rapport de la commission parlementaire…

Pour l’heure, la FGTE-CFDT rappelle sa détermination à combattre point par point les dispositions de restrictions inutiles et inacceptables au droit de grève portées par ce texte. Dans l’hypothèse improbable d’une poursuite de la navette parlementaire, la FGTE-CFDT n’hésiterait pas à riposter à cette offensive contre le droit social.

Assises de la Mer 2025 

Les équipes de l’UFM CFDT étaient  présentes aux des Assises de la Mer 2025 !
Un rendez-vous incontournable pour échanger sur les enjeux du maritime, l’avenir de nos métiers et la transition du secteur.

Points forts :

1°  Le président de la république Emmanuel Macron a réaffirmé les grands enjeux maritimes pour la France : souveraineté, transition énergétique, renouvellement des flottes et formation.
Pour l’UFM CFDT, ces orientations ne pourront réussir qu’avec et pour les travailleurs de la mer :
– Des emplois qualifiés et durables, appuyés sur la formation et la montée en compétences
Des moyens renforcés pour la flotte de pêche, les ports et la marine marchande
Une transition énergétique juste, qui ne laisse personne au bord du quai
Une concertation sociale réelle pour construire l’avenir du maritime, dans toutes ses filières

 

Si la France doit rester une grande puissance maritime ,cela passera aussi par la reconnaissance, la protection et la valorisation de celles et ceux qui font vivre la mer au quotidien 

2° Le  directeur général de l’ENSM, a rappelé l’importance de dépasser les barrières actuelles entre les écoles et les navires afin d’atteindre les objectifs du secteur en matière de formation et de nombre d’officiers.

L’UFM CFDT soutient pleinement cette démarche.
Les compétences de transmission du savoir existent bel et bien à bord, notamment pour certains modules de formation. Il est donc essentiel de renforcer la fluidité et les liens entre les établissements de formation et les équipages embarqués.

Le succès de cette ambition dépendra avant tout des moyens et des financements alloués au secteur maritime.

« Transporter le respect » : l’ETF appelle à en finir avec les violences faites aux femmes dans le secteur des transports

Amsterdam, 30 septembre 2025 – Le Comité des femmes de la Fédération européenne des travailleurs des transports (ETF) a réuni aujourd’hui travailleuses et travailleurs du secteur, syndicalistes et décideurs politiques lors d’un séminaire consacré à la lutte contre les violences sexistes et le harcèlement au travail.

Cet événement, intitulé « Transporter le respect : lutter contre les violences sexistes au travail », a mis en lumière une réalité préoccupante : malgré des années de plaidoyer, les violences et le harcèlement envers les femmes restent massivement présents dans le secteur des transports.

  • Des résultats inquiétants

Les premiers résultats de la nouvelle enquête de l’ETF révèlent que près de trois femmes sur quatre (74 %) travaillant dans les transports déclarent avoir été victimes de violences ou de harcèlement sur leur lieu de travail.
Ces chiffres confirment que la violence envers les travailleuses n’est pas un phénomène isolé, mais bien un problème structurel qui mine l’égalité et la sécurité dans le secteur.

La secrétaire générale de l’ETF, Livia Spera, a lancé un appel fort :

« Les violences au travail contre les femmes – et contre tous les travailleurs – doivent cesser. Les témoignages que nous avons entendus aujourd’hui montrent à quel point ces violences poussent les femmes à quitter le secteur. Cela doit changer, d’autant plus que la pénurie de main-d’œuvre s’aggrave : agir contre la violence, c’est aussi agir dans l’intérêt des employeurs. »

  • Langage, pouvoir et résistance

Parmi les interventions marquantes de la journée, Silvia Gonzales, représentante de la FGTE-CFDT, a livré un discours puissant sur le rôle du langage dans la reproduction – ou la remise en cause – des inégalités.

« Les mots façonnent nos pensées et définissent notre réalité. Et notre réalité, aujourd’hui, est sexiste.
Nous devons la combattre, et le faire ensemble. Parce que le sexisme n’est pas anodin : il tue.
Il tue littéralement — comme les crash tests conçus uniquement pour des corps masculins.
Il tue symboliquement — en effaçant les femmes de l’histoire, de la science et de tant d’autres domaines.
Les mots ne sont pas neutres : ils reflètent le pouvoir. Et le pouvoir, lorsqu’il n’est pas remis en question, perpétue l’inégalité.
Le langage n’est pas seulement un outil de communication : c’est un instrument de résistance.
Alors, reconstruisons notre réalité. »

Ses propos ont résonné avec la conférence inspirante de la sociolinguiste Vera Gheno, qui a elle aussi souligné l’importance du langage pour déconstruire les stéréotypes et construire une culture du respect.

  •  Témoignages et actions pour un vrai changement

Le séminaire a également donné la parole à des travailleuses venues de toute l’Europe – du rail, du transport routier, maritime, aérien et urbain – qui ont partagé leurs expériences souvent douloureuses, mais aussi leurs luttes et leurs victoires syndicales.

Une table ronde a ensuite réuni syndicats, décideurs politiques et représentants des institutions européennes autour de solutions concrètes : campagnes de sensibilisation, négociations collectives, adoption de politiques européennes ambitieuses et renforcement des obligations des employeurs.

  • Pour un changement culturel durable

Le message porté par l’ETF est sans équivoque :

« Les conventions collectives peuvent protéger les travailleuses, mais c’est la culture du secteur qui doit évoluer. »

Mettre fin aux violences n’est pas seulement une question de droits des travailleurs : c’est aussi une condition essentielle pour construire un secteur des transports attractif, durable et équitable, où le respect et la sécurité de toutes et tous ne sont plus négociables.

Les syndicats européens de la Confédération européenne des syndicats se mobilisent à Vienne pour exiger une loi sur les emplois de qualité

À l’occasion de la Journée mondiale du travail décent, des centaines de syndicalistes venus de toute l’Europe se sont réunis ce mardi à Vienne pour appeler l’Union européenne à garantir à chaque travailleur un emploi sûr, équitable et bien rémunéré.
Organisée par la Confédération européenne des syndicats (CES), cette action symbolique et la manifestation de haut niveau ont rassemblé de nombreuses organisations syndicales, dont la FGTE-CFDT, venue représenter la voix des salariés français du transport et de l’environnement.

Depuis 2008, la journée du 7 octobre est l’occasion pour le mouvement syndical international de rappeler que le travail décent reste une condition essentielle de la justice sociale et du progrès économique. Cette année, la mobilisation intervient dans un contexte alarmant : les travailleurs à bas salaire consacrent désormais un tiers de leur revenu au loyer dans la plupart des pays de l’UE, dix millions de salariés supplémentaires ne peuvent plus chauffer correctement leur logement, et les dirigeants des grandes entreprises gagnent en moyenne 110 fois plus que le travailleur moyen.

Face à cette situation, la CES réclame que la future loi européenne sur les emplois de qualité, attendue pour le 1er décembre, tienne ses promesses. Elle demande à la Commission européenne de proposer des mesures législatives concrètes, parmi lesquelles :

  • des investissements dans des emplois de qualité, assortis de conventions collectives solides ;
  • une directive “Just Transition” pour garantir que les transitions écologiques et numériques se fassent sans licenciements massifs ;
  • une régulation de l’intelligence artificielle au travail, respectant le contrôle humain et les droits des salariés ;
  • une directive européenne sur les risques psychosociaux, pour protéger contre le stress, le harcèlement en ligne et l’épuisement professionnel ;
  • et une limitation stricte de la sous-traitance, afin d’assurer une responsabilité partagée tout au long des chaînes de production.

Pour Wolfgang Katzian, président de la CES, « le travail décent est la base de toutes les réussites économiques et sociales de l’Europe ».
De son côté, Tea Jarc, secrétaire confédérale de la CES, a averti que « l’Europe ne peut pas se permettre une nouvelle vague d’austérité et de déréglementation ».

Présente à Vienne, la FGTE-CFDT a réaffirmé son engagement aux côtés des autres syndicats européens pour défendre un modèle social fondé sur la sécurité, la dignité et la participation des travailleurs aux décisions qui les concernent. Pour la fédération, « il est urgent que l’Union européenne tienne sa promesse d’un travail décent, sûr et équitable pour toutes et tous ».

Alors que les transitions écologique et numérique redéfinissent le monde du travail, les syndicats européens espèrent que cette loi sur les emplois de qualité marquera un tournant décisif vers une Europe plus juste et solidaire.

À Bruxelles, la voix des femmes du transport s’élève : retour sur la plénière du Comité des Femmes de l’ETF

Les 29 et 30 octobre 2025, à Bruxelles, le Comité des Femmes de la Fédération Européenne des Travailleurs des Transports (ETF) s’est réuni pour définir ses priorités à venir pour faire avancer l’égalité, la sécurité et la dignité des femmes au travail. La FGTE-CFDT y a pris part activement.

Des constats alarmants, mais une volonté commune

Les premiers résultats de l’enquête européenne menée par l’ETF ont rappelé l’ampleur du problème : 74 % des femmes travaillant dans les transports déclarent avoir été victimes de violences ou de harcèlement sur leur lieu de travail. Les témoignages recueillis révèlent la réalité quotidienne des agressions verbales, du sexisme, des atteintes à la dignité et de l’absence de réponse adéquate de la part des employeurs. Toutes les délégations ont insisté sur le même point : la violence n’est pas une fatalité du métier, mais un échec collectif auquel il faut répondre par des actions fortes.

Violence must not be part of the job : un mot d’ordre européen

Le slogan de la nouvelle campagne de l’ETF a résonné tout au long des débats. Les revendications sont claires : les employeurs doivent agir concrètement, en coopération avec les syndicats, pour garantir un environnement de travail sûr.  L’Union européenne doit adopter une directive contraignante pour prévenir et éradiquer les violences et le harcèlement dans le secteur des transports, et tous les États membres doivent ratifier et appliquer la Convention 190 de l’OIT sur un monde du travail sans violence ni harcèlement.

L’égalité salariale, un droit non négociable

Invitée à la plénière, Isabelle Schömann, secrétaire générale adjointe de la CES, a rappelé que l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale n’est pas négociable. La directive européenne sur la transparence salariale doit désormais être transposée sans être édulcorée, afin de garantir des salaires équitables et d’en finir avec les discriminations économiques.

Face à la montée de l’extrême droite, défendre les droits fondamentaux

Les discussions ont aussi abordé un sujet préoccupant : la montée de l’extrême droite et des discours antiféministes à travers l’Europe. Les participantes ont alerté sur les attaques répétées contre les droits des femmes, notamment le droit à l’avortement, la remise en cause de l’égalité de genre et la banalisation de propos sexistes dans le débat public. Le mouvement syndical doit être un rempart contre ces reculs, en affirmant haut et fort que les droits des femmes sont des droits fondamentaux. Cette vigilance partagée s’est accompagnée d’un appel à renforcer les alliances européennes pour défendre une Europe sociale, solidaire et égalitaire, face aux dérives réactionnaires.

De Women in Rail (les femmes dans le ferroviaire ) à l’ensemble du secteur

Carole Mouchy, représentante FGTE-CFDT

L’exemple de l’accord Women in Rail, signé en 2021 par l’ETF et la CER, a montré la force du dialogue social européen lorsqu’il se traduit en engagements concrets : égalité professionnelle, santé au travail, prévention du harcèlement et équilibre vie pro/vie perso. La FGTE-CFDT plaide pour que cette dynamique s’étende à tous les modes de transport, car la mixité et la sécurité sont des conditions de l’attractivité du secteur.

Une dynamique européenne essentielle

Participer à ce comité, c’est mesurer la force du collectif européen : nos réalités diffèrent, mais nos combats sont les mêmes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’Europe doit agir vite et fort pour garantir la sécurité et la dignité des femmes au travail.

Évolution de la législation sur le dialogue social et l’emploi des salariés expérimentés

Suppression de la limitation des mandats successifs au CSE

La limitation à trois mandats successifs au sein du Comité Social et Économique (CSE) appartient désormais au passé. La loi de transposition des accords nationaux interprofessionnels, adoptée le 14 novembre 2024 et publiée au Journal Officiel, marque un tournant majeur dans l’organisation de la représentation du personnel en entreprise.

L’article 8 de la loi n°2025-983 du 22 octobre 2025 supprime en effet la règle qui imposait un plafond de trois mandats consécutifs pour les membres du CSE, une contrainte qui s’appliquait de façon obligatoire dans les entreprises de plus de 300 salariés, et pouvait être négociée dans celles de 50 à 300 salariés. Dorénavant, bien que la durée d’un mandat reste fixée à quatre ans, les membres du CSE pourront être réélus sans limitation du nombre de mandats.

C’est une victoire de la CFDT qui a combattu cette ignominie du gouvernement de l’époque qui pensait à tort que le dialogue social était dans l’ADN des entreprises 

Cette limitation des 3 mandats était devenu un frein aux convictions syndicales da la représentation du personnel. La raison l’a enfin emportée

Renforcement du cadre pour l’emploi des salariés seniors

Avec la transposition de l’Accord National Interprofessionnel (ANI) du 14 novembre 2024, le cadre législatif relatif à l’emploi des salariés expérimentés est consolidé. Une nouvelle obligation de négociation sur l’emploi des salariés expérimentés, en prenant en considération leur âge, est instaurée, aussi bien au niveau de l’entreprise (+de 300 salariés) qu’à l’échelle de la branche professionnelle.

Les branches professionnelles devront, après un diagnostic préalable, engager une négociation tous les trois ans concernant l’emploi et les conditions de travail des salariés expérimentés. Cette négociation portera sur plusieurs thèmes essentiels :

  • Le recrutement des salariés expérimentés
  • Leur maintien dans l’emploi
  • L’aménagement des fins de carrière, notamment à travers l’accompagnement vers la retraite progressive ou le temps partiel
  • La transmission des savoirs et compétences, via des missions de mentorat, de tutorat ou de mécénat de compétences

D’autres sujets pourront également être abordés lors de ces négociations, comme les modalités d’écoute, d’accompagnement et d’encadrement des salariés expérimentés, la santé au travail, la prévention des risques professionnels, ainsi que l’organisation et les conditions de travail. Pour les entreprises de moins de 300 salariés, l’accord de branche pourra prévoir un plan d’action dédié.

Dans les entreprises de plus de 300 salariés, la question de l’emploi des salariés expérimentés devient une négociation obligatoire et autonome, indépendante de l’accord de gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP). Cette négociation devra avoir lieu au moins une fois tous les quatre ans, ou tous les trois ans en l’absence d’accord d’entreprise aménageant les négociations obligatoires. Les thèmes abordés seront identiques à ceux de la branche.

Le contrat de valorisation de l’expérience (CVE)

La loi introduit, à titre expérimental, le « contrat de valorisation de l’expérience » (CVE), visant à faciliter l’embauche des demandeurs d’emploi âgés d’au moins 60 ans. Dès la signature du CVE, le salarié doit fournir à l’employeur un document précisant la date prévue de son départ à la retraite à taux plein.

Une fois les conditions requises pour la liquidation de la retraite à taux plein remplies, l’employeur pourra procéder à la mise à la retraite d’office du salarié, qui dans ce cas-là bénéficiera alors d’une indemnité de départ équivalente à celle d’un licenciement prévu à l’article L1237-7 du code du travail.

Les articles L. 1237-6 et L. 1237-7 du code du travail sont applicables aux mises à la retraite effectuées en application du III du présent article.

Si ni les conditions de mise à la retraite prévues au même III et au premier alinéa du présent IV de la loi 2025-989 du 24 octobre 2025, ni celles prévues à l’article L. 1237-5 du code du travail ne sont réunies, la rupture du contrat de travail par l’employeur constitue un licenciement.

Aménagement des fins de carrière

Des mesures spécifiques sont prévues pour favoriser l’aménagement des fins de carrière. La loi encadre notamment le refus de l’employeur d’un passage en retraite progressive. Elle permet également, dans le cadre d’un temps partiel de fin de carrière, d’affecter l’indemnité de départ à la retraite afin de compenser, en tout ou partie, la perte de revenu consécutive à la réduction du temps de travail, y compris pour les forfaits-jours.

Dispositions relatives à la reconversion professionnelle

La loi intègre certaines mesures issues de l’ANI du 25 juin 2025 sur les reconversions professionnelles. À compter du 1er janvier 2026, un nouveau dispositif, la « période de reconversion », est instauré. Ce dispositif permet à tout salarié de suivre une formation certifiante en vue d’une mobilité professionnelle, interne ou externe à l’entreprise. La durée de cette période sera comprise entre 150 et 450 heures sur 12 mois, avec une possible extension jusqu’à 2 100 heures sur 36 mois par accord d’entreprise ou de branche.

Dans le cas d’une reconversion interne, le contrat de travail et la rémunération du salarié sont maintenus. Si la reconversion est externe, le contrat de travail est suspendu, permettant la conclusion d’un CDI ou d’un CDD d’au moins six mois chez un autre employeur. Si la période d’essai est concluante, le contrat initial est rompu ; dans le cas contraire, le salarié réintègre son entreprise d’origine. Le financement de ce dispositif est assuré par les OPCO, dans la limite d’une dotation fixée.

Évolutions de l’entretien professionnel

L’entretien professionnel, désormais nommé « entretien de parcours professionnel », doit avoir lieu au cours de la première année suivant l’embauche, puis tous les quatre ans (au lieu de tous les deux ans précédemment). L’entretien de bilan est désormais programmé tous les huit ans, contre six auparavant.

Par ailleurs, un entretien de parcours professionnel doit être organisé dans les deux mois qui suivent la visite médicale de mi-carrière, c’est-à-dire durant l’année des 45 ans, afin d’examiner les éventuelles mesures d’aménagement proposées par le médecin du travail. Enfin, lors de l’entretien professionnel intervenant dans les deux années précédant le 60e anniversaire du salarié, les conditions de maintien dans l’emploi et les possibilités d’aménagement de fin de carrière devront être abordées en plus des thèmes habituels.