Entretien avec Béatrice Lestic, Secrétaire nationale CFDT

Béatrice Lestic, Secrétaire nationale CFDT responsable notamment de la politique en matière de l’égalité  professionnelle et représentante des travailleurs français à l’OIT: « Unis dans nos fiertés, solidaires dans nos droits »

1. Quel constat faites-vous aujourd’hui sur la place des femmes et des minorités dans le monde du travail en Europe ?

L’Europe a progressé, c’est vrai. Les femmes sont plus nombreuses sur le marché du travail, et les personnes gays et lesbiennes y sont plus visibles. Mais cette avancée reste incomplète, inégale et fragile.

Certaines minorités, notamment les personnes trans, sont encore massivement discriminées, surtout à l’embauche. Trop souvent, leur parcours professionnel est marqué par la précarité, l’exclusion ou le rejet.
Et pour celles et ceux qui ont un emploi, la réalité, c’est celle des métiers moins valorisés, moins rémunérés, et d’une double peine sociale.

Les femmes, par exemple, continuent de représenter une large part des travailleuses pauvres… et plus tard des retraitées pauvres. L’égalité salariale reste donc un combat de tous les jours, et non une promesse en l’air.

2. Quel rôle peuvent jouer les syndicats face aux discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre, notamment dans les transports ?

Un rôle clé, incontournable. Le secteur des transports est un parfait révélateur des inégalités. Les métiers sont encore extrêmement genrés : conducteurs de train, chauffeurs de bus ou de poids lourds, pilotes d’avion… Ces postes restent dominés par les hommes. Résultat : les femmes et les personnes LGBT+ y sont sous-représentées, et les métiers à forte présence féminine sont moins reconnus et moins rémunérés.

Il faut casser cette ségrégation professionnelle, ouvrir l’accès à tous les métiers, peu importe le genre. Et ça passe par l’éducation, la formation, l’exemplarité dans les entreprises… et dans les syndicats.

Oui, même dans nos structures syndicales, il y a encore trop peu de femmes et de minorités aux postes de responsabilité. À la CFDT, on agit, on change les choses. Mais il faut aller plus loin, plus vite. L’égalité ne se décrète pas : elle se construit.

3. Comment s’assurer que les politiques d’égalité deviennent réalité, et pas seulement des discours ?

Les lois sont nécessaires, mais elles ne suffisent pas. Il faut des leviers puissants pour que les textes soient appliqués, contrôlés, sanctionnés si besoin. Et ce levier, ce sont les syndicats.

Tant que les organisations syndicales n’investissent pas pleinement ces sujets, qu’elles ne poussent pas à leur application dans les branches, les entreprises, les services, les avancées resteront timides. Trop de lois dorment dans les tiroirs.

La directive européenne sur la transparence salariale, par exemple, est une vraie opportunité. À nous, syndicats, de la transformer en levier pour faire bouger les lignes. Pas demain. Maintenant.

4. Quelles actions prioritaires pour garantir un environnement professionnel sûr et inclusif pour les personnes LGBTQIA+ ?

Première priorité : la tolérance zéro face aux discriminations et aux violences, quelles qu’elles soient — sexistes, sexuelles, homophobes, transphobes. Dans le secteur du transport, les témoignages existent, et souvent ils se taisent. Nous devons créer des environnements de travail où chacun et chacune se sent en sécurité, respecté·e, légitime.

À la CFDT, on agit concrètement : on forme, on sanctionne si nécessaire, et on accompagne. Cette ligne, elle est claire : pas de place pour la haine, l’exclusion ou le mépris.

Mais il faut aussi ouvrir les portes du syndicalisme aux personnes LGBTQIA+. Leur place est dans les équipes syndicales, dans les instances, dans les négociations. C’est par leur engagement, et en les soutenant, qu’on fait progresser l’ensemble du monde du travail.

5. Quelle réponse face à la montée de l’extrême droite ? Et que peuvent faire les syndicats ?

L’extrême droite n’est jamais la solution. Elle est toujours un danger. Pour les droits des travailleurs, pour les femmes, pour les minorités, pour la démocratie.

Partout où elle accède au pouvoir — en Hongrie, en Pologne, aux États-Unis, en Argentine — elle recule les droits, attaque la liberté, stigmatise les personnes LGBTQIA+, remet en cause les droits des femmes. Elle promeut une vision fermée, autoritaire, patriarcale de la société.

À la CFDT, comme à la Confédération Européenne des Syndicats (CES) ou à la Confédération Internationale Syndicale (CSI), notre position est claire : nous combattons l’extrême droite, ses idées, ses discours, ses projets. Elle est incompatible avec les valeurs que nous portons : solidarité, égalité, émancipation.

Le syndicalisme est un rempart démocratique. Il doit le rester, et il doit l’être encore plus fort dans les années à venir.

6. Quel message souhaitez-vous adresser aux personnes LGBTQIA+ qui travaillent dans les transports et qui peuvent encore se sentir isolées ou invisibles ?

Vous n’êtes pas seul·es. Votre place est légitime. Votre voix compte.

Le monde du travail n’est pas toujours un espace sûr, c’est vrai. Mais les choses changent, et vous êtes au cœur de ce changement.
À la CFDT, nous voulons des lieux de travail où chacun·e peut être soi-même, sans avoir à se cacher, sans avoir peur.
Mais cela ne se fera pas sans vous. Engagez-vous. Rejoignez-nous. Poussez les portes. Prenez la parole.

Nous serons là pour vous soutenir, vous écouter, vous défendre. Car un syndicat qui ne défend pas toutes les fiertés, ne défend pas tous les droits. Et nous, à la CFDT, nous sommes unis dans nos fiertés, et solidaires dans nos droits.

FIT-CISL 2025 : Un congrès pour guider le changement

Le XIIIe Congrès national de la FIT-CISL (Fédération italienne des transports), intitulé « Guidiamo il Cambiamento – Ad Maiora », s’est tenu du 27 au 30 mai 2025 en Sardaigne, marquant l’aboutissement d’un cycle de congrès régionaux entamé en février. Ce congrès a réuni des délégués de toute l’Italie pour discuter des défis contemporains du secteur des transports, de la logistique et des services publics, tout en renouvelant les instances dirigeantes de la fédération. La FGTE-CFDT a pu avoir le plaisir d’être conviée par son homologue italien avec qui, elle a depuis juin 2024 signé un accord de coopération.

Une transition vers l’avenir du travail

Sous le slogan « Guidiamo il Cambiamento », le congrès a mis l’accent sur la nécessité pour le syndicat de s’adapter aux évolutions rapides du monde du travail. Les interventions ont souligné que ce n’est pas la technologie qui doit dicter les conditions de travail, mais bien les travailleurs eux-mêmes.

Thèmes abordés :

Les discussions ont porté sur plusieurs enjeux majeurs :

  • Sécurité et conditions de travail : Améliorer la sécurité des travailleurs, notamment dans les secteurs du transport public et de la logistique, en réponse aux préoccupations croissantes concernant les agressions et les conditions de travail difficiles.
  • Infrastructures et mobilité durable : Plaidoyer pour des investissements dans les infrastructures de transport, notamment en Sardaigne, afin de soutenir une mobilité durable et efficace.
  • Rôle du syndicat dans la société : Renforcer le rôle du syndicat en tant qu’acteur social engagé, en mettant l’accent sur la solidarité, la justice sociale et la participation active des travailleurs dans les décisions qui les concernent.

Renouvellement des instances dirigeantes

Le congrès a également été l’occasion de renouveler les instances dirigeantes de la FIT-CISL. Des élections ont eu lieu dans plusieurs régions.

Nous tenons à féliciter l’équipe dirigeante fraichement élue et plus particulièrement son secrétaire général : Salvatore Pellecchia.

Perspectives pour l’avenir

À l’issue de ce congrès, la FIT-CISL s’engage à poursuivre son action en faveur d’un travail de qualité, d’une mobilité durable et d’une société plus juste. Le syndicat mettra en œuvre les résolutions adoptées lors du congrès pour répondre aux défis actuels et futurs, en restant fidèle à ses valeurs de solidarité et de défense des droits des travailleurs.

Photo des représentants internationaux- UGT (Espagne), Roberto Parillo (CSC Transcom),  Céline Ruffie (FGTE-CFDT), Luigi Mansi (Responsable international – FIT-CISL).

Journée internationale des personnels navigants commerciaux : Célébrons les travailleurs du ciel !

Le 31 mai, la Journée internationale des personnels navigants commerciaux (PNC) est l’occasion de célébrer ces travailleuses et travailleurs essentiels à la sécurité, au confort et au bon déroulement des vols. Pour le syndicat UNPNC CFDT, cette journée ne se limite pas à une reconnaissance symbolique : c’est aussi un moment pour mettre en lumière les enjeux professionnels, sociaux et économiques auxquels sont confrontés ces salariés.

Derrière le sourire, une réalité exigeante

Les PNC sont souvent perçus à travers une image lisse et glamour. Pourtant, la réalité de leur métier est tout autre : horaires décalés, fatigue chronique, stress opérationnel, risques pour la santé, sans oublier l’exposition croissante aux comportements agressifs de certains passagers. À cela s’ajoutent des conditions de travail parfois précaires, en particulier chez les compagnies low-cost, avec des contrats atypiques, une instabilité géographique et une pression constante sur les performances.

Une journée pour revendiquer des droits

La Journée internationale des PNC est un moment clé pour rappeler que les droits des navigants ne doivent pas être sacrifiés au nom de la rentabilité. Nous revendiquons au niveau européen (ETF) et international (ITF) : le respect des temps de repos réglementaires, la lutte contre les abus contractuels, une meilleure protection sociale et médicale, la reconnaissance des risques professionnels spécifiques, la revalorisation salariale.

Solidarité internationale

Le caractère international de cette journée permet également de renforcer les liens entre syndicats de différents pays et de promouvoir une harmonisation des droits au niveau mondial. Dans un secteur aussi mondialisé que l’aviation, la solidarité entre PNC, quel que soit leur pavillon, est un levier essentiel pour résister aux pratiques de dumping social.

Conclusion

Le 31 mai n’est pas qu’une journée de célébration, c’est aussi un moment de mobilisation. Pour les syndicats membres de ITF et ETF dont est membre l’UNPNC-CFDT, c’est l’occasion de rappeler que les PNC ne sont pas de simples “ambassadeurs du ciel”, mais des salarié·es qualifié·es, dévoué·es, qui méritent des conditions de travail dignes, stables et sécurisées. La reconnaissance passe aussi par des actes concrets, et cette journée est là pour le rappeler.

Mois des Fiertés : Unis dans nos fiertés, solidaires dans nos droits

À la FGTE-CFDT, nous représentons la diversité du monde du transport : du rail à la route, de l’aérien au maritime, de la logistique aux réseaux urbains.

 Mais au-delà des métiers, nous portons aussi une autre diversité : celle des identités, des parcours, des histoires de vie. À l’occasion du Mois des Fiertés, nous affirmons une conviction simple et forte :
un syndicat utile est un syndicat qui défend toutes les formes de dignité.

Unis dans nos fiertés, solidaires dans nos droits : ce slogan n’est pas qu’un mot d’ordre. C’est un engagement, un cap, une alerte aussi. Car aujourd’hui encore, les droits des personnes LGBT+ sont fragiles, attaqués, bafoués. Et nous ne pouvons pas faire comme si cela ne nous concernait pas.

Face à la haine, notre solidarité

Les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre existent partout, y compris dans nos entreprises. Elles prennent la forme de moqueries, d’isolement, de plafonds de verre invisibles ou de propos haineux. Elles touchent des collègues, des proches, parfois nous-mêmes.

Et dans le monde, la situation est encore plus grave :

         •       En Hongrie, des lois stigmatisent les personnes LGBT+ et restreignent leur visibilité dans les médias ou l’éducation allant même jusqu’à interdire la marche des fiertés cette année au titre que cela est qualifié de « préjudiciable pour les enfants ». C’est une violation grave des droits humains et les participants risquent des amendes, les organisateurs la prison et même la reconnaissance faciale est autorisée pour les tracer et les identifier.

         •       Aux États-Unis, des dizaines d’États multiplient les attaques contre les droits des personnes trans, les familles LGBT+ ou les contenus éducatifs inclusifs.

Ces attaques ne sont pas isolées. Elles font partie d’un projet autoritaire, identitaire, réactionnaire. Celui qui rêve de sociétés fermées, figées, uniformes. Le même projet politique qui s’en prend aux syndicats, aux femmes, aux migrant·es, à la liberté de la presse, au droit de grève. Le même qui prospère en désignant des coupables au lieu de construire des solutions.

  • En Colombie, nous comptons 164 meurtres de personnes appartenant à la communauté LGBT+ selon le dernier rapport de l’ONG Caribe Afirmativo. Et l’impunité règne : 86% des enquêtes bloquent au 1er stade.
  • Au Royaume Uni, la définition légale du genre se restreint.
  • En Géorgie, une loi anti « propagande LGBT+ » bloque les avancées.

Le dernier rapport Rainbow Map&Index d’Ilga-Europe révèle que plusieurs pays européens, dont la France, reculent sur les droits des personnes LGBT+.

Être syndicaliste, c’est être du côté des droits

Dans ce contexte, le rôle des syndicats est plus crucial que jamais. Nous ne pouvons pas laisser la haine ou l’indifférence grignoter les principes fondamentaux du vivre-ensemble. C’est pourquoi, à la FGTE-CFDT, nous :

         •       Formons nos équipes aux enjeux LGBT+ au travail,

         •       Agissons contre toutes les discriminations dans les entreprises,

         •       Portons la voix de toutes et tous dans les négociations,

         •       Soutenons les marches des fiertés et les initiatives locales pour l’égalité.

Parce que la lutte syndicale ne s’arrête pas à la fiche de paie. Elle englobe le droit de chaque personne à vivre librement, dignement, sans peur ni placard.

La fierté comme acte de résistance

Le Mois des Fiertés, ce n’est pas une fête communautaire réservée à quelques-uns. C’est un acte de mémoire, un cri d’alerte et un geste d’espoir.
C’est rappeler que les droits ne sont jamais définitivement acquis. Qu’ils se conquièrent, se défendent et se transmettent.
Et que dans cette bataille, le syndicalisme a un rôle essentiel à jouer.

Ensemble, faisons bloc

Nous, militantes et militants de la FGTE-CFDT, affirmons haut et fort :

🔶 Nous sommes aux côtés de toutes celles et ceux qui vivent leur identité avec fierté.

🔶 Nous refusons les reculs autoritaires qui visent à diviser et faire taire.

🔶 Nous faisons du monde du travail un lieu d’égalité et de respect.

Unis dans nos fiertés, solidaires dans nos droits.

Aujourd’hui, demain, et chaque fois que la dignité humaine sera en jeu.

Démarrage de la 5ème réunion de la Commission tripartite spéciale sur la MLC 2006 à Genève au BIT !

Cette semaine, à l’OIT, gouvernements, armateurs et représentants des gens de mer sont réunis pour faire vivre la Convention du travail maritime MLC 2006.

Objectif : garantir des conditions de vie et de travail dignes pour les gens de mer à travers le monde.

Au programme :

– Évaluation de l’application de la MLC

* nouveaux amendements sur les temps d’embarquement (post-Covid)

– Discussions sur les enjeux actuels du secteur maritime

* fatigue des gens de mer

* harcèlement et discrimination

* permission à terre

–  Nouvelles propositions pour améliorer la protection des marins

Thierry LE GUEVEL, Secrétaire Général de l’UFM CFDT, faisait partie de la délégation officielle internationale des gens de mer (ITF), présente pour porter la voix des marins et défendre leurs droits avec détermination dans le cadre tripartite de l’OIT.

Une belle dynamique de solidarité internationale ! à travers les valeurs de l’ITF et de l’UFM CFDT. Ici, notre engagement syndical prend tout son sens… au vu des conditions minimales contenues dans la MLC 2006 que nous améliorons pas à pas….

NÉGOCIATION NATIONALE SUR LES CLASSIFICATIONS DES SALARIÉS

Revendications pour l’amélioration des conditions de rémunération dans le cadre de la négociation de branche sur les classifications des salariés

Après 2 ans de travail technique, pour définir les emplois repères, les critères de la grille de classifications ainsi que les niveaux, et après 26 réunions de travail paritaire, la grille de classifications dites mixte commence à voir le jour.

Il reste encore du travail avant de finaliser un accord et les revendications techniques seront traitées en Commission Paritaire de Négociation, avec un premier projet de grille et de coefficient qui sera présenté par le syndicat patronal (l’UTPF) le 8 juillet 2025. Il est prévu au calendrier une réunion de négociation tous les mois jusqu’à la fin de l’année afin de finaliser la négociation.

Les représentants du Syndicat National des Transports Urbains (SNTU-CFDT), ont exposés leurs revendications en termes de rémunérations et revendications techniques dans le cadre de la négociation de branche sur la nouvelle grille de classifications :

  • Portabilité de l’ancienneté dans la branche professionnelle.
  • Mise en place d’un 13ᵉ mois conventionnel.
  • Harmonisation de la grille d’ancienneté avec des paliers équitables pour tous les salariés :

* 25 % après 25 ans d’ancienneté,

* 30 % après 30 ans,

* 35 % après 35 ans.

  • Augmentation des coefficients de 5 points pour chaque emploi.
  • Revalorisation des coefficients pour les emplois en tensions notamment la conduite et les services techniques.
  • Mise en place d’un déroulement de carrière structuré garantissant :
  • Une évolution basée sur la qualité du travail, l’expérience, la formation et la transmission des savoirs.
  • Des évolutions garanties par des taquets en temps et contrôlées par une commission dédiée.
  • Encadrement clair des classifications et de leurs impacts avec un guide détaillé.
  • Intégration d’une Commission de suivi pour garantir l’application de l’accord de branche et des accords d’entreprises qui seront déclinés.
  • Réduction des Cadres PMAD et maintien des droits liés à l’ancienneté.
  • Mise en place de critères de poly compétence avec reconnaissance et valorisation des diplômes et titres professionnels.
  • Définition de niveaux planchers pour les AM et cadres afin d’assurer une équité salariale.
  • Création d’emplois repères pour les fonctions supports et techniques.
  • Renégociation et actualisation des classifications tous les 5 ans pour s’adapter aux évolutions du métier.

Il faut noter que le SNTU CFDT, CGT et CFE CGC ont été assidus lors de ces groupes de travail
ainsi qu’en négociation.
FO et UNSA l’ont été beaucoup moins depuis le début de la négociation.
Avec un point d’orgue pour la réunion du 10 février 2025, UNSA absente, FO pas de revendications !
Prochaine étape, le 8 juillet pour une première proposition d’accord de la part du syndicat patronal.
A suivre…

Les Défis du Transport de Fonds et Valeurs : Analyse et Perspectives CFDT

Les réseaux Bancaires

La situation du Transport de fonds et valeurs est particulièrement anxiogène. Le dossier 2SF, la baisse drastique de la circulation des flux fiduciaires, les recompositions bancaires interrogent, non seulement, l’avenir des salarié(es) du Transport de fonds et valeurs, mais également, probablement à moyen terme, l’avenir des compagnies elles-mêmes.

Pour l’analyse CFDT, nous assistons avec la constitution de la société « cash services » à une nouvelle forme de rivalité à travers une concurrence systémique qui interroge à plus d’un titre, l’avenir physique des murs d’argent et des agences bancaires, la circulation et le traitement du cash, mais également d’une certaine manière plus républicaine, l’aménagement du territoire, la liberté de consommation de nos concitoyens, l’avenir des Associations diverses du Pays et la vie courante des personnes les plus fragiles de notre société mondialisée. Les révolutions technologiques et l’arrivée de l’intelligence artificielle avec notamment l’augmentation des banques en ligne sont très inquiétantes.

Des dossiers sont également à traiter

Des dossiers sont également à traiter, bien entendu, les salaires conventionnels et notamment les primes de risque avec l’accélération de la dangerosité des métiers du transport de fonds et valeurs, mais également l’accompagnement de la pénibilité avec un compte C2P et des facteurs de risque qui prennent sérieusement en compte la situation de salarié(es) chaque jour en situation de « Real Risk »ou, sans être exhaustif, des travailleurs et des travailleuses soumis à des métiers en milieu ultra-confinés.

Sur le projet passerelle

Fort de ces constats, il semble convenir d’accélérer le pas sur non seulement une GEPP sectorielle de qualité, mais également sur le dossier passerelle accompagné par la CFDT et plus globalement le besoin de diversification nécessaire des activités de sécurité.

Le processus vital du transport de fonds est engagé. La mission du « groupe d’étude sécurité privée » de l’Assemblée Nationale peut être une opportunité sociale et financière pour assurer le devenir des sociétés de transports sécurisés et de par là même l’avenir de nombreux salarié(es).

La circulation du cash va Imposer aux compagnies le fait de devoir se diversifier !

Concernant Loomis

  • Le Comité Central

Concernant Loomis, un Comité Central se tiendra la semaine prochaine.

Sans être exhaustif, pour la CFDT, les attentes sont importantes sur la demande d’une information de qualité sur les dossiers en cours et des indicateurs prospectifs sur le projet industriel de l’Entreprise.

Si les enjeux sociaux et économiques sont importants, ils demandent clairement des engagements sur la rénovation d’un dialogue social de qualité dans un climat responsable, respectueux, serein et apaisé.

Si les services de Sécurité Interne doivent bien entendu exercer leurs missions, pour la CFDT, c’est avant tout, la pédagogie qui doit primer et non la sanction systématique souvent synonyme d’humiliation individuelle voir de menace de licenciement.

  • Pour la CFDT

Enfin, pour la CFDT, l’opératif à envisager pour encadrer les départs volontaires, encourager les différentes mobilités, …. est probablement à créer collectivement en s’inspirant des différents véhicules existants (sans doute un combo responsable RCC/PSE/GEPP/ … ).

Ces projets ne pourront. à notre sens. ne se réaliser qu’à la condition d’un projet plus global avec des mesures sociales incitatives, dans le cadre d’une Responsabilité Sociétale de l’Entreprise avec un haut degré de qualité et des investissements adaptés.

L’annonce de la perte du CA Nord va compliquer la gestion de ce pacte social.

Concernant les attaques

Concernant les attaques de la semaine passée en Allemagne et celle de ce week-end à Toulouse, l’unité d’action auprès des services du ministère de l’Intérieur est plus que nécessaire, pour non seulement, règlementer les transports d’objets et métaux précieux mais pour continuer à suivre les différentes Commissions Départementales de Sécurité.

Les Accidents de la vie

Enfin, il semble important de traiter les accidents de ta vie avec une protection sociale de haute qualité, actualisée, notamment, sur la prévoyance et particulièrement sur les maladies redoutées. La contribution du secteur au Fonds de Haut Degré de Solidarité (FHDS) se doit d’être Interrogée.

ASSISES DE LA MER A BORDEAUX 

L’exécutif de l’UFM CFDT ET SON INSPECTORAT ITF PRÉSENTS AUX ASSISES DE LA MER DE BORDEAUX 2024  pour porter comme chaque année la voie des navigants et des travailleurs portuaires .

Un rendez-vous incontournable pour l’avenir de nos espaces maritimes et des métiers qui les font vivre.

 Innovation et enjeux numériques étaient au cœur des débats :

    * La cybersécurité et l’intégration de l’intelligence artificielle dans les activités maritimes.

    * Les défis immenses mais aussi les opportunités que ces évolutions technologiques peuvent apporter à nos filières.

 Mais comment parler de progrès sans aborder les combats essentiels :Lutte contre le dumping social dans nos métiers maritimes.

    * Renforcement des contrôles pour une concurrence équitable et des conditions de travail dignes pour toutes et tous.

L’UFM CFDT reste engagée et vigilante sur ces sujets, car la justice sociale ne doit jamais être sacrifiée au nom de la compétitivité.

 Continuons à échanger, à innover et à construire ensemble un avenir durable pour nos océans et les métiers qui y sont liés.

Volonté du Sénat de restreindre le droit de grève dans les transports : pour la FGTE-CFDT, ça ne passera pas !

Dans une proposition de loi démagogique et scandaleuse, le sénateur centriste H. Marseille a porté l’idée d’une suspension du droit de grève dans les transports pour certaines périodes de l’année, fixées au bon vouloir du Gouvernement… Un texte qui, après de nombreuses modifications, a été adopté par le Sénat ce 9 avril.

La CFDT a été reçue en audition par le  sénateur rapporteur du texte, P. Tabarot, le 29 mars. La FGTE a fait connaître à cette occasion sa position aux Sénateurs sur un texte qu’elle juge à la fois inopportun, inconstitutionnel et incohérent. D’autres secteurs de la FGTE ont été reçus par des groupes politiques la semaine suivante, avant le vote en première lecture, et ont fait également valoir leur opposition absolue et argumentée à ce texte.

La FGTE-CFDT a ainsi indiqué aux sénateurs que si cette initiative se poursuivait, notre organisation la combattrait sans hésitation par tous les moyens légitimes.

1/ Une proposition de loi inopportune

La FGTE rappelle qu’il existe déjà un dispositif très complet d’encadrement du droit de grève dans les secteurs du transport public qui laisse la place à la concertation et à la négociation (alarme sociale 14 jours avant, concertation obligatoire, préavis 5 jours avant, négociation obligatoire, et déclaration individuelle 48 h avant).

Dans un contexte où se développent des revendications catégorielles radicales et non régulées (collectifs de salariés), prétendre imposer une trêve sociale en légiférant pour suspendre le droit de grève est illusoire et dangereux. On a au contraire besoin de plus de dialogue social et de plus d’intermédiation par les syndicats pour pacifier les relations sociales quand elles se tendent. Il s’agirait donc bien plutôt de redonner plus de moyens pour le dialogue social de proximité qui a justement été déshabillé par la dernière réforme du code du travail.

La FGTE rappelle aussi que toutes les tentatives historiques d’interdire ou de contourner le droit de grève en France n’ont jamais fonctionné : lorsque par exemple l’Etat a voulu avoir recours à des réquisitions dans les mines en 1963, pour casser la grève des mineurs, les travailleurs ont quand même cessé le travail massivement malgré les interdictions, rendant les sanctions inapplicables. Plus récemment, on a pu voir l’impuissance du Gouvernement à empêcher les blocages des routes par les agriculteurs. Le fait social s’impose de lui-même : quand un mouvement de travailleurs est massif, l’interdiction légale est très difficile voire impossible à faire respecter par la force.

En revanche, si on veut inciter à une gilet-jaunisation des relations sociales, ce texte est sans doute le meilleur chemin à suivre !

Le moment choisi pour présenter un tel texte semble d’ailleurs totalement inopportun : en plus des légitimes revendications des travailleurs sur leur pouvoir d’achat qui s’expriment par exemple très vivement dans la logistique, le secteur des transports connaît de lourdes transformations :

  • Ouverture à la concurrence ou remise en concurrence (SNCF, RATP, réseau OPTILE, transports urbains, ports de commerce…)
  • Déstabilisation d’acteurs historiques
  • Transition écologique

En outre il existe encore de vives tensions autour de l’organisation des JO 2024 et une très forte opposition des salariés et de leurs organisations à une nouvelle réforme de l’assurance chômage et à une future « loi travail » annoncée pour l’automne.

Enfin le secteur des transports connaît aussi un très important problème d’attractivité des métiers avec des difficultés de recrutement considérables : le déficit prévisionnel de personnel à l’horizon 2030 est estimé à 384 000 salariés dont 45 000 conducteurs de véhicules manquants.  

Pour la FGTE, ça n’est donc certainement pas en ajoutant des contraintes et des sujétions supplémentaires à des personnels qu’on a déjà du mal à trouver qu’on aura une plus grande continuité du service !

La CFDT le redit : la solution à toutes ces problématiques et aux tensions sociales qui en découlent ne réside pas dans l’interdiction et dans la répression. Elle est dans un dialogue social qui fonctionne mieux et qui porte du fruit.

2/ Une proposition de loi inconstitutionnelle et incohérente

La FGTE-CFDT a aussi fait valoir aux sénateurs un certain nombre d’arguments juridiques qui vont très clairement à l’encontre de l’entrée en vigueur d’un tel texte.

Pour la CFDT l’interdiction n’entre pas dans le champ de « la réglementation » du droit de grève prévue par l’article 34 de la Constitution. Ce que le texte propose ici c’est la suspension pure et simple d’une liberté constitutionnelle. Or, réglementer ça n’est pas suspendre ! Une telle disposition n’est donc pas viable.

Par ailleurs ce texte prévoit de déléguer au pouvoir du Gouvernement l’arbitrage et la priorisation entre plusieurs libertés constitutionnelles. Or c’est un domaine strictement réservé à la loi en France. De quel droit le Gouvernement pourrait-il choisir que la liberté de circulation pour les vacances serait supérieure à la liberté de circulation au quotidien pour aller travailler, passer un examen ou aller à l’école ? Pourra-t-on comprendre en fonction des dates choisies que le droit à une vie familiale normale est supérieur à l’occasion d’une fête d’origine chrétienne qu’à l’occasion d’une autre fête ?

Tout cela serait d’une très grande fragilité et confine à l’amateurisme !

Quant aux dispositions répressives initiales -pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement des travailleurs !-, elles étaient de toute évidence disproportionnées au regard de l’objectif poursuivi.  Le principe de la stricte nécessité de la peine (reconnu depuis la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789) se trouvait totalement bafoué dans cette première version du texte qui conduisait à une forme de réquisition générale du personnel au mépris des strictes conditions juridiques de l’exception et de l’urgence dans lesquelles la réquisition peut seulement être envisagée.

Enfin la FGTE-CFDT a pointé auprès des sénateurs l’extrême confusion du texte qui mélange les services commerciaux et les services publics de transport, l’ordre public et le fonctionnement d’un service de transport. Pour justifier de telles mesures exorbitantes, le texte ne prend même pas la peine de qualifier les transports de « service essentiel ».

Et pour cause : si une telle qualification juridique était retenue par la loi, encore faudrait-il peut-être songer à rétribuer ses personnels à la juste mesure du service rendu…

A la suite d’une séance publique laborieuse le 9 avril, la majorité sénatoriale de droite s’est évertuée à tenter de rendre ces dispositions un peu plus présentables : suppression des sanctions pénales, limitation des restrictions aux personnels indispensables au fonctionnement des services, réduction des périodes de suspension du droit de grève…

Peine perdue et objectif manqué pour la FGTE-CFDT : ce texte reste juridiquement inconstitutionnel et socialement inacceptable.

Gageons qu’il n’ira pas plus loin que le Sénat. Dans le cas contraire, la riposte de la FGTE-CFDT sera immédiate et vigoureuse.

Qualité de l’air dans les transports : la FGTE entendue à l’Assemblée Nationale pour renforcer la protection des salariés.

Le 13 mars 2024, la FGTE-CFDT a initié une nouvelle intervention auprès des pouvoirs publics pour améliorer la prise en compte pour les travailleurs du risque lié à la qualité de l’air dans les souterrains ferroviaires.

Notre fédération représentée par Patrick Rossi et Sébastien Mariani a été reçue à l’occasion d’une table ronde par les députées Sophie Taillé-Polian (NUPES-Ecologiste) et Claire Pitollat (Renaissance – présidente du conseil national de l’air), toutes deux co-présidentes du groupe d’études parlementaire « Air et Santé » à l’Assemblée Nationale.

L’objectif de cette démarche est à terme de pouvoir mieux encadrer par une loi la qualité de l’air dans les emprises ferroviaires souterraines et de mieux prévenir et traiter ce risque pour la santé des travailleurs employés par les opérateurs de transport.

La FGTE poursuit ainsi son combat de plusieurs années après avoir obtenu gain de cause au Conseil d’Etat qui a imposé au Gouvernement l’amélioration dans le code du travail des normes d’exposition aux poussières pour les travailleurs intervenant en milieu confiné (locaux professionnels à pollution spécifique dont font partie les emprises ferroviaires souterraines). Une avancée historique mais qui est pour la FGTE-CFDT une première étape dans la prise de conscience.

Forte de sa longue expérience sur ce dossier, notre délégation a rappelé les exigences de la FGTE de voir traiter en grand et rapidement cette problématique qui pourrait devenir un nouveau « dossier amiante ».

Parmi nos demandes :

  • Une harmonisation des normes applicables aux travailleurs avec celles applicables en santé publique à l’ensemble des citoyens. Aujourd’hui les normes applicables aux citoyens sont 50 fois plus sévères… Pourtant le risque sur la santé est le même et celles et ceux qui y sont exposés 7 ou 8 heures par jour pour leur travail sont davantage en risque.
  • Une association de la CFDT au suivi des investissements et mesures techniques mises en œuvre pour améliorer la qualité de l’air dans les transports (avec des mesures régulières, objectives et transparentes discutées avec les représentants du personnel).
  • La mise en place pour ce faire de processus de contrôle indépendant des opérateurs et des autorités organisatrices assortis de systèmes de sanctions en cas de concentrations excessives.
  • La mise en place d’un dispositif de prévention spécifique par un suivi médical renforcé, la constitution de données médicales de suivi par cohortes correspondant à divers degrés d’exposition en fonction de l’activité professionnelle et un dispositif de prise en compte en pénibilité et en indemnisation.
  • La reconnaissance des pathologies liées à l’inhalation de poussières en maladies professionnelles et en cause d’usure professionnelle.

Les députées du groupe d’études parlementaires ont pris note de l’ensemble de nos demandes en vue de proposer un texte de loi qui pourrait encadrer ce risque professionnel.

La FGTE continuera de suivre ce dossier très attentivement et d’actionner tous les leviers pour diminuer ce risque sanitaire important  pour des dizaines de milliers de travailleurs des transports.